L'annulation des bulletins d'informations de 18h et de 23h de la station anglophone A-Channel d'Ottawa renforce la tendance lourde selon laquelle les médias traditionnels de l'information tant publics que privés sont à la croisée de chemins.
Cette station régionale a annoncé qu’elle ne diffuserait plus que l'émission matinale. Ainsi, la suppression de 34 postes à Ottawa et à Pembroke s'ajoute à celles des autres stations du même réseau ainsi qu'à la fermeture de deux stations annoncée la semaine précédente.
Ces compressions annoncées par CTVglobemedia, mardi, surviennent quelques jours après le discours du président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, qui a dressé un portrait plutôt sombre du diffuseur public devant les membres de l'Empire Club de Toronto, le 26 février dernier.
Comme les entreprises privées, la société est aussi touchée par la baisse des revenus publicitaires. La société prévoit un manque à gagner se situant entre 55 et 60 millions $ pour l’exercice financier se terminant le 31 mars. Le nouvel exercice ne semble guère mieux d'après lui.
Pour tenter de garder l'équilibre, la société devra prendre des décisions difficiles, d'après M. Lacroix. Une réunion du conseil d'administration est prévue les 16 et 17 mars afin d'étudier son avenir. On suggère de se départir de certains de ses actifs, d'ajouter de la publicité sur les ondes, même de regrouper des stations locales sans oublier la possibilité de mises à pied.
Le président-directeur général de la société souhaite aussi que le gouvernement l'aide d'une façon ou d'une autre. Il ne demande pas nécessairement plus de financement, mais la possibilité que le gouvernement lui permettre d'accéder à une marge de crédit. M. Lacroix espère tout simplement avoir les mêmes outils que les stations privées pour mieux gérer ce temps de crise.
