«Il faut aussi donner la place aux immigrants francophones dans ce type de manifestation si l’on veut que la demande perdure sur le marché de la francophonie», considère Nicole Olivier, gestionnaire des programmes corporatifs à La Cité collégiale.
L’objectif de l’atelier n’était pas de recevoir des renseignements sur les techniques d’embauche traditionnelles, mais bien de comprendre comment fonctionne le marché du travail au Canada pour être en mesure de savoir orienter sa recherche d’emploi selon ses compétences et ses intérêts.
«Mentalement, les nouveaux arrivants ne sont pas prêts à la réalité du travail lorsqu’ils arrivent au Canada. À peine débarqués, ils doivent tout de suite trouver un emploi pour gagner de l’argent, explique Gilles Tousignant, formateur du cours de langue de niveau avancé (CLNA) à La Cité collégiale. Ici, nous leur enseignons ce qui n’est pas dit.»
Les participants ont d’ailleurs suivi avec beaucoup d’attention les recommandations concernant les dangers des emplois de survie, qui guettent beaucoup d’immigrants à leur arrivée au pays.
«Leurs diplômes n’étant pas reconnus et devant rapidement trouver un travail pour gagner de l’argent, les nouveaux arrivants ont tendance dans un premier temps à accepter n’importe quoi. C’est un piège», indique M. Tousignant.
Le formateur estime que les diplômes n’auront aucune valeur tant que l’employeur n’aura pas vu l’immigrant à l’œuvre. De ce fait, un immigrant devrait toujours essayer de rester dans son domaine professionnel, et ce même si le salaire n’est pas élevé, afin de pouvoir faire du réseautage et faire valoir ses compétences.
«Il faut prendre sa place dans la communauté pour montrer que l’on est des citoyens à part entière et qu’on a un savoir faire», mentionne Mme Olivier. «Il n’y aura pas d’intégration si l’immigrant reste dans des emplois de survie et au fil du temps il n’aura plus l’énergie ni le temps de chercher un emploi dans son domaine», ajoute M. Tousignant.
«Il ne faut pas oublier que les francophones ont aussi besoin d’une double compétence, à savoir la maitrise de l’anglais, alors c’est encore plus facile pour eux de basculer dans les emplois de survie, souligne Mme Olivier. Il faut aussi leur offrir des formations en langue afin qu’ils progressent en anglais.»
Dans cette perspective, la bibliothèque d’Ottawa propose aussi gratuitement des cours d’anglais par niveau, à suivre individuellement ou en groupe, dans la plupart de ses succursales.
Les ateliers présentés à la conférence étaient un échantillon de l’enseignement en CLNA que dispense gratuitement La Cité collégiale pour les nouveaux arrivants francophones ayant obtenu leur résidence permanente. Les personnes intéressées peuvent obtenir davantage de renseignements en composant le 613-742-2475.
L’année prochaine, le volet francophone de cette conférence devrait encore être élargit puisque le nombre de participants désireux de suivre des ateliers en français était plus important que le nombre de places offertes.
«Nous avons voulu tenter l’expérience francophone cette année comme nous sommes partenaires de l’événement au même titre que le Collège Algonquin. Nous avons constaté un fort besoin alors nous aimerions que les années suivantes il y ait autant d’ateliers pour les francophones que pour les anglophones», termine Mme Olivier.

