«Ma prévision pour 2010 était une augmentation de 2,5% du PIB réel, mais la croissance risque d'être plus forte que je l'avais prévu», affirme Maurice Marchon, professeur d'économie à HEC Montréal.
Les Services économiques RBC prévoient que le PIB réel s'appréciera de 2,6% en 2010 et de 3,9% en 2011.
En 2009, l'économie canadienne s'est contractée de 2,5% en moyenne, mais «tout est en place pour un retour à une croissance positive en 2010», soutiennent les économistes de RBC.
En fait, la reprise économique serait déjà en cours depuis le milieu de l'an dernier, puisque l'économie américaine vient de connaître deux trimestres à croissance positive. Au Canada, la récession a frappé moins fort, mais la reprise sera nécessairement liée au redémarrage de l'économie américaine.
Autre signe de reprise, selon Maurice Marchon : l'indice PMI (Purchasing Managers Index), qui reflète les achats industriels aux États-Unis, s'établit maintenant au-dessus de la barre des 50 points.
«La production industrielle a chuté de façon assez vertigineuse et il y a maintenant un rebond, explique Maurice Marchon. En récession, les entreprises ont épuisé leurs stocks et elles doivent maintenant les rebâtir.»
Le redémarrage de la production industrielle ne signifie pas pour autant que les emplois perdus seront retrouvés. Selon Maurice Marchon, les industriels américains ont profité de la crise pour réduire leurs coûts de main d'œuvre. Ils auraient ainsi conservé de bonnes marges bénéficiaires. Au Canada, la récession n'a fait qu'accentuer le déclin du secteur manufacturier.
Selon RBC, le taux de chômage au Canada devrait demeurer élevé tout au long de l'année, s'établissant à 8,7% en moyenne. Il devrait redescendre à 7,8% en 2011.
Chez RBC comme chez la plupart des analystes, on s'entend pour dire que les investissements en infrastructures des gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et municipaux ont bien soutenu l'économie canadienne. Ils le feront encore en 2010, puisque c'est cette année que nombre de projets de construction auront lieu.
D'ici l'an prochain, le secteur privé devra prendre le relais pour que l'économie continue à croître, croit Maurice Marchon. Un seul hic : le dollar canadien demeure fort, ce qui freine les exportations et par conséquent, la création d'emplois.
Les taux d'intérêt demeurent bas, ce qui encourage à la consommation. D'ailleurs, les Canadiens ont dépensé 3,44% de plus pendant les Fêtes en 2009 qu'en 2008, d'après ce qu'a observé Moneris Solutions à partir des transactions par cartes de crédit et de débit.
Les dépenses des consommateurs canadiens devraient croître de 2,3% en 2010, selon les prédictions de RBC.
La confiance des consommateurs s'exprime aussi sur le marché immobilier, qui a connu des regains d'activité notamment en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta, des provinces où la récession a frappé fort.
Les taux d'intérêt devraient se remettre à monter en 2010, mais de façon modérée. La Banque du Canada contrôle très bien l'inflation, de sorte que des taux d'intérêt très élevés sont peu probables, soutient Maurice Marchon.
«La bonne nouvelle, c'est que la reprise s'annonce lente et robuste, soutient le professeur aux HEC. Je crois que nous assistons au début d'un cycle économique long et c'est une bonne chose. Il ne faudrait pas avoir une croissance trop rapide, avec un recours excessif à l'endettement.»
Économie : 2010, l'année de la reprise
Les économies canadienne et américaine sont sur la voie d'une reprise. L'heure est à l'optimisme, malgré des prévisions modérées.
Par André Dumont
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