Le directeur général de L’écho d’un peuple inc., François Désormeaux, en a fait l’annonce, lundi matin, lors d’une conférence de presse chargée en émotions.
«Il n’y aura pas de sixième saison pour le mégaspectacle de L’écho d’un peuple. Le conseil d’administration est arrivé à cette conclusion compte tenu de différents facteurs qui font en sorte que la production du mégaspectacle ne peut plus continuer dans sa forme actuelle», a-t-il déclaré.
La baisse importante de spectateurs aura eu raison de la mégaproduction. Alors que les gradins de la Ferme Drouin ont une capacité de 1500 personnes, à peine 500, en moyenne, par représentation, ont franchi les tourniquets, cet été. En fait, c’est deux fois moins que l’an dernier.
S’il est vrai que la météo n’a pas été très favorable, François Désormeaux refuse de croire que le prix élevé de l’essence ait eu un impact sur le nombre de visiteurs. Comme plusieurs organisateurs de festivals, il croit plutôt que le 400e de Québec a aspiré beaucoup de touristes potentiels vers la vieille capitale.
«L’écho d’un peuple connaît des jours difficiles cet été. Les festivités du 400e de Québec ont certainement contribué à la diminution de l’achalandage touristique. L’écho encaisse une baisse importante au niveau des ventes de billets, comparativement à l’année dernière, soit 50 % de moins que l’été dernier. On ne peut pas produire un spectacle de cette envergure sans avoir un nombre suffisant de spectateurs.»
Les dirigeants de L’écho souhaitent attendre la fin de la saison pour y aller d’un bilan financier final, mais la baisse d’assistance considérable donnerait lieu à un manque à gagner considérable. Ce manque pourrait même se chiffrer à plusieurs centaines de milliers de dollars.
«C’est évident qu’en ce moment, les budgets sont au minimum. On a déjà mis en place des restrictions budgétaires depuis quelques semaines. On a coupé certains postes et des gens de la production travaillent présentement bénévolement pour s’assurer qu’on puisse finir la saison», a affirmé M. Désormeaux.
Alors que, cette année, l’Ontario a octroyé un montant de 225 000 $ à L’écho d’un peuple, le directeur général croit que le gouvernement provincial devrait se servir du Québec comme exemple, quant au financement d’organisme comme le sien. «Comparativement avec le Québec, il y a des programmes d’aide financière qui n’existent pas en Ontario pour des organismes comme nous. C’est dommage parce que ça nous aiderait à mieux planifier une suite», a-t-il indiqué.
Outre le gouvernement de l’Ontario, le fédéral a versé 125 000 $, alors que le gouvernement régional des Comtés unis de Prescott et Russell a contribué avec 50 000 $. Les bailleurs de fonds y sont, quant à eux, allés d’une contribution de 500 000 $.
Le maire de La Nation, Denis Pommainville, estime que le temps est peut-être venu de penser à une autre formule, un nouveau spectacle. Il a lancé l’idée lors de la conférence de presse. «On est extrêmement peiné, mais j’étais de ceux qui y ont cru et je continue à y croire. Je pense qu’au lieu de se décourager, on doit s’encourager. C’est peut-être le temps de passer à un nouveau spectacle, de passer à une formule différente. Je lance l’invitation», a-t-il indiqué.
«Je crois que la communauté franco-ontarienne et francophile va se retrousser les manches et qu’on va trouver une nouvelle façon de continuer. On a toujours été derrière L’écho d’un peuple et va continuer de l’être», a-t-il dit.
Un nouveau spectacle sur les terrains de Calypso?Tout porte à croire qu’un nouveau spectacle pourrait fort bien voir le jour, une fois le parc aquatique Calypso ouvert. M. Désormeaux estime cependant qu’une production plus familiale conviendrait mieux que L’écho d’un peuple.
«C’est évident que la venue du parc aquatique Calypso dans la région nous aiderait probablement à attirer un peu plus de spectateurs, mais je ne crois pas que la formule existante du mégaspectacle s’arrime adéquatement avec l’attraction touristique du parc Calypso qui va être très familial comparativement à notre spectacle qui est perçu comme un spectacle pour les adultes», a-t-il affirmé.
En entrevue exclusive à La Nouvelle, le président-directeur général du groupe Village Vacances Valcartier, Guy Drouin, a confirmé que des pourparlers ont récemment eu lieu et qu’ils devraient reprendre vers la mi-août.
«On a eu certaines approches, mais il n’y a rien de décidé. On regarde la possibilité de le faire (héberger la mégaproduction), soutient M. Drouin. Sûrement qu’il y aura d’autres discussions à la fin de l’été.»
Ce dernier a d’ailleurs été aperçu à la représentation du spectacle du 1er août dernier, à la Ferme Drouin. Il a tout de toute évidence apprécié ce qu’il a vu des comédiens et de tout le reste. «C’est un beau spectacle qui bouge beaucoup avec beaucoup de costume et d’effets de lumière. C’est aussi une bonne page d’histoire», estime-t-il.
Une chose accroche cependant le grand patron de Calypso : le fait que le mégaspectacle ne soit présenté qu’en français. Selon lui, ses dirigeants gagneraient à présenter un spectacle bilingue
«Le spectacle est unilingue français donc on se prive de la clientèle anglophone. C’est certain que le marché anglophone aimerait peut-être voir ce genre de spectacle à grand déploiement. Je crois que c’est des choses que les dirigeants du spectacle doivent envisager pour augmenter l’achalandage.»
M. Drouin assure cependant qu’il ne ferait pas du bilinguisme une condition au déménagement du mégaspectacle ou d’un autre sur le terrain du parc aquatique.
Alors que les pourparlers n’en sont qu’au stade de départ, M. Drouin estime qu’il est présentement impossible de prédire si un spectacle quelconque pourrait être présenté sur son terrain la prochaine saison.