Stephen Blais et Bob Monette se montrent tout aussi inquiets face au déménagement annoncé, vers 2018, de près de 10 000 employés fédéraux vers les anciens locaux de l’entreprise Nortel.
« La décision est presque effective, on ne la changera pas, pense le conseiller Blais. Ce qu’il nous faut désormais, c’est développer un plan stratégique pour le développement économique de nos communautés. Je travaille actuellement là-dessus avec la Ville d’Ottawa et la chambre de commerce. Si nous voulons garder nos résidents, nous devons leur proposer des emplois de bonne qualité, dans le secteur public et privé. Nous devons attirer des investisseurs. Notre salut passe par là et il ne faut pas attendre que le gouvernement règle nos problèmes. On doit agir ! ».
Son homologue d'Orléans, Bob Monette, partage cette analyse, tout en invitant chaque pallier à participer à la réflexion.
« Nous devons convaincre les gens de rester. La qualité de vie d’Orléans est un atout, mais il faut développer l’activité économique. Il est donc important de garder des terrains disponibles pour le secteur commercial et industriel. Les deux paliers de gouvernement doivent se joindre à la table pour nous aider à créer des emplois de qualité. Le provincial est peu présent dans notre secteur actuellement, il doit s’investir davantage. Tous les élus de l’est d’Ottawa doivent travailler ensemble pour trouver des solutions ».
Les députés se renvoient la balle
Mais pour le député fédéral d’Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, c’est avant tout à la Ville d’Ottawa et aux conseillers de faire leur travail.
« Je sais ce que la Ville veut, elle veut que l’on déménage des ministères fédéraux dans l’est. Mais cela ne va créer aucune activité économique, si ce n’est pour les déménageurs et les promoteurs immobiliers. Les conseillers doivent prendre leurs responsabilités, notamment en matière de zonage en gardant les terrains désignés. La Ville d’Ottawa a son service de développement économique, elle doit faire sa job et ne pas abdiquer ses responsabilités ! Je suis prêt à travailler avec les élus, mais je n’endosserai que des projets rentables pour les contribuables, comme celui du Ministère de la Défense nationale, sur des terrains qui nous appartiennent, à l’intersection des chemins Blair et Ogilvie et qui devrait générer près de 4000 emplois ».
Le député provincial d'Ottawa-Orléans, Phil McNeely se montre assez pessimiste quant aux possibilités d'attirer des emplois de qualité dans le secteur.
« Nous sommes dans une situation économique difficile. Ce ne sera donc pas simple d'attirer des emplois stables et payants. Le gouvernement fédéral a pris une décision qu'il doit assumer en compensant la communauté. Il doit financer le développement du train léger jusqu'au chemin Trim pour que les résidents puissent se déplacer facilement jusqu'à leur lieu de travail. Il doit aussi voter un moratoire, le temps de mesurer les impacts sur Orléans, notamment en termes de pertes d'emplois. Kanata a actuellement un ratio de 1, 65 emplois par foyer, contrairement à 0, 5 emploi par foyer à Orléans. Avec les compressions budgétaires qui s'annoncent dans les services publics fédéraux, nous risquons d'être doublement touchés ».

