La fête des rois, quelle tradition familiale!



La fête des rois, quelle tradition familiale!

La fête des rois, quelle tradition familiale!

Jean-Claude Duwiquet
Publié le 23 Décembre 2008
Publié le 18 Février 2010
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L’épiphanie, quelle belle fête de famille! Cette fête est célébrée en général le 1er dimanche du mois de janvier. Dans certains pays, notamment la France, on a perpétué cette tradition avec la fameuse galette des rois durant tout le mois de janvier.

Sujets :
France , Afrique , Asie

Le mot épiphanie désigne la manifestation de Dieu aux hommes, en la personne de Jésus Christ, et plus précisément, sa venue dans le monde en un temps historique donné. C’est le sens profond de la fête de l’épiphanie qui, avec l’évocation des mages venus d’Orient, rappelle également la dimension universelle du message évangélique.

Il est de tradition purement française de partager en famille ou entres amis la galette des rois. Le nombre de portions correspond à celui des convives plus une, appelé «part du bon dieu», dite part du pauvre ou de l’absent. De forme ronde et dorée, elle est briochée dans le sud de la France et feuilletée dans le nord. Elle peut être garnie de plusieurs manières, soit aux pommes ou aux framboises, mais en général on la retrouve soit à la crème d’amandes, soit à la frangipane, qui est un mélange avec de la crème pâtissière.

Chaque galette contient une fève, qui était à l’origine un légume naturel. Légumineuse originaire d’Afrique et d’Asie, la fève est apparue en Égypte vers 2000 avant J.C. Elle fut longtemps la base de la nourriture populaire. Sa forme embryonnaire et sa primeur lui conféraient un fort pouvoir symbolique. Pour toutes les civilisations de l’antiquité, elle était le symbole de la fécondité et du bonheur et faisait partie des aliments offerts au cours des rites lors du mariage.

La fève promet à celui qui la trouve : chance, richesse, pouvoir et vertu… Au moyen âge, les corporations de métiers utilisent la fève comme jeton de vote pour choisir un roi chargé de les représenter auprès de l’autorité seigneuriale ou ecclésiastique.

C’est en 1874 qu’un pâtissier eut l’idée de remplacer la fève végétale par des santons en porcelaine blanche. Dans la seconde moitié du 19e siècle, on voit arriver sur le marché français de minuscules poupées de porcelaine, les baigneurs, fabriquées en saxe. Après la Première Guerre mondiale, la ville de Limoges, en France, très réputée pour sa porcelaine, va prendre le relais de la production allemande et ce, jusqu'à l’arrivée de la fève en plastique.

Ce n’est qu’en 1989 que Joseph Perron, originaire de Haute Saône, eut l’idée de donner de la couleur aux fèves de porcelaine blanches, d’apporter de la diversité et de créer de nouveaux sujets pour célébrer à sa façon le bicentenaire de la révolution. Les fèves sont la plupart du temps peintes à la main et font l’objet de collections (favophile).

Celui qui trouve la fève est déclaré roi et doit choisir sa reine. La galette telle que nous la connaissons aujourd’hui est née d’un diffèrent qui opposa au 15e siècle boulangers et pâtissiers. Chacune des deux corporations voulait obtenir le monopole de la fabrication du gâteau symbolique. Ce furent les pâtissiers qui l’emportèrent auprès du roi François 1er, mais il reste permis aux boulangers de faire «quelque chose».

Ceux-ci jouèrent sur les mots : ils inventèrent la galette, qu’ils offraient gracieusement à leurs clients, le jour de l’épiphanie. Il fut admit que celui qui découvrirait la fève dans sa part devait à son tour offrir une galette identique afin d’en régaler ceux avec lesquels il avait partagé la première.

Bonne fête de l’épiphanie!

À propos de Jean-Claude Duwiquet

Originaire de Paris, pâtissier et boulanger de profession, Jean-Claude Duwiquet a travaillé dans quelques régions de France, notamment la région parisienne et la Savoie, mais également sur la Côte d’Azur, au sein de divers hôtels et patisseries.Il a également été installé a son compte durant deux ans avant de franchir l’océan et de s’établir dans la région de la capitale nationale. Il a notamment travaillé durant huit années au Hilton Lac Leamy en tant que chef pâtissier. Il enseigne maintenant la pâtisserie dans le programme d’art et gestion culinaire à La Cité collégiale, à Ottawa.

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