Lundi matin, des militants de Greenpeace ont pris d’assaut le toit du Parlement pour placer leurs banderoles et signaler le début de la grande conférence sur les changements climatiques de Copenhague, la plus importante dans l’histoire du monde.
Coup de théâtre comme seul Greenpeace pouvait mettre en scène. Et nos politiciens ont servi de dindons de la farce. Une fois informés par des passants que leur précieuse ligne de sécurité autour du parlement avait été franchie, les gars de la GRC ont mis de côté leurs beignes et leurs cafés et se sont vite rendu sur place.
Ils ont, comme ils disent dans le langage qui leur est cher, «procédé à des arrestations de suspects». Pas difficile. Les gars étaient tous là, sur le toit, en pleine vue de tout le monde. Le règne des «écolos-grimpeurs» a vite pris fin dans l’embarras total du service policier.
Les dizaines de milliers de caméras de police dissimulées au coût de millions, dans le haut des tours gothiques du parlement, et les corps de police bien entraînés du service de la GRC n’ont servi à rien. Une gang de jeunes «écolos» leur avait passé entre les pattes. On croit que les activistes ont escaladé les échafauds de construction à l’arrière de l’édifice de l’Ouest. Un truc de grimpeurs en bonne forme. Il n’y a pas de policiers à cet endroit, ou possiblement, il y en avait, mais ils dormaient paisiblement dans leurs chars de police.
Quant à l’édifice du centre, c’est difficile à dire comment nos malfaiteurs se sont rendus sur le toit.
Heureusement qu’il y avait le service des incendies de la Ville d’Ottawa, qui est venu prêter main forte à la GRC. Avec l’aide des échelles télescopiques, ils ont déniché les banderoles de Greenpeace.
Une banderole géante en anglais adressée à Stephen Harper et Michael Ignatieff clamait : «L’inaction climatique coûte des vies». Plus tard Greenpeace a explique le sens du message : «Des centaines de milliers de personnes meurent chaque année et des millions d’autres doivent migrer parce que le Canada et certains autres pays industrialisés restent passifs face au changement climatique».
En français, sur l’édifice du centre, une autre banderole clamait : «Halte aux sables bitumineux». Harper n’a pas dû aimer ça trop, trop.
Le timing était parfait pour Greenpeace. Lundi, à Copenhague, Harper s’est vu remettre le «Prix fossile» décerné au politicien qui a fait le moins dans l’année précédente pour lutter contre les gaz à effet de serre.
Pendant qu’on se moquait de Harper à Copenhague, on s’en prenait à ses sables «précieux» avec son propre parlement comme arrière-plan. La nouvelle a fait le tour du monde. Et s’il y a quelque chose qui tombe sur les nerfs de Harper, c’est bien de se voir la risée du monde entier.
Le Canada est présentement la cible préférée des écologistes à travers de monde puisque le pays, sous Stephen Harper, tire de la patte dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Harper est bien connu pour être celui qui a tourné le dos au protocole de Kyoto après que le Canada ait ratifié l’entente.
Plusieurs passants et membres des médias lundi matin n’ont pas noté que sur les banderoles, on plaçait Michael Ignatieff sur un même pied d’égalité que Harper. Quelle insulte pour Ignatieff, lui qui est tellement orgueilleux, que d’être comparé à Harper sur les questions environnementales! Il ne manquait plus rien que cela pour le malheureux Ignatieff, qui a déjà ses troubles de leadership.
Ça fait longtemps qu’Ignatieff s’esquive sur la question de l’environnement. C’est parce qu’il a peur de se faire massacrer par Harper, comme ce dernier a fait au pauvre Stéphane Dion. Donc, Ignatieff évite de prendre des positions qui pourraient lui attirer les foudres de Harper. Mais maintenant, c’est Greenpeace qui l’a dans sa mire.
C’est difficile la vie d’un politicien. Et Greenpeace? Ah, les 19 sont fiers de leur coup d’éclat. Et pour notre passive capitale, c’était un peu d’excitation pour commencer la semaine.
