Howard Galganov se cherche des Zouaves francophones de service pour l’aider à faire sa sale besogne contre l’affichage bilingue obligatoire dans le joli canton de Russell.
Le réparateur de radiateurs Jean-Serge Brisson, de Independent Radiator Services, s’est rangé du côté de Galganov, de laisser les commerçants du canton afficher dans la langue qu’ils veulent.
Avant le règlement sur l’affichage bilingue à Russell, les affiches étaient seulement en anglais la plupart du temps. Les commerçants anglophones affichaient naturellement en anglais. C’était leur choix.
Les commerçants francophones, de peur d’offusquer leurs clients de la minorité anglophone, affichaient également en anglais. Tout finissait en anglais la plupart du temps, ou avec un petit peu de français sur les affiches. Mais pas trop, parce qu’il ne fallait pas choquer «les Anglais».
De temps en temps, il y avait quelques braves commerçants qui affichaient dans les deux langues. Le canton est à moitié francophone.
Il y a un certain Jacques Aubé, un habitué des réunions du conseil du canton, qui dit que le conseil doit abolir la nouvelle obligation des commerçants d’afficher dans les deux langues.
Aubé dit que la question d’afficher dans une seule langue ou non doit redevenir «volontaire», comme c’était autrefois. Comme ça il n’y aurait pas de chicanes avec les anglophones. Galganov est entièrement d’accord.
Aubé insiste que bien qu’il demande la même chose que Galganov, ses raisons sont bien différentes de celle du militant anglophone, qu’il décrit comme des motifs «extrémistes». Aubé pense que lever le règlement sur l’affichage bilingue ferait économiser de l’argent au canton, notamment en frais juridiques.
Galganov croit que ce serait une excellente idée, et ajoute que cela sauverait beaucoup d’argent au conseil. Il menace de traîner le canton jusqu’à la Cour suprême s’il le faut pour avoir gain de cause. Et il ajoute qu’il a beaucoup d’argent derrière lui.
Aubé répète qu’il est mieux de ne pas aller en cour contre Galganov.
Galganov l’«Anglo-québécois», qui s’est fait le grand défenseur de la langue anglaise au Québec durant les guerres des années 1970 contre la Loi 101. Il n’est pas fou. Il n’a jamais dit qu’il ne veut pas de français sur les affiches. Il dit qu’il veut laisser les marchands libres de choisir.
Qu’y a-t-il de plus beau que le libre choix?
Mais Galganov n’est pas sans savoir que dans un canton comme Russell, si les marchands sont libres de choisir la langue de l’affichage, le français passera en deuxième.
Galganov sait bien que si les marchands décident de l’affichage, la plupart des affiches seront en anglais seulement – quelque chose qui ne semble pas le déranger outre mesure.
Pourtant, Galganov se dit être en faveur du bilinguisme. Galganov, sans l’admettre, se cache en arrière d’une soi-disant liberté de choix, qui finit par faire avancer la cause de l’unilinguisme anglais. Cela nous rappelle sa bataille au Québec contre la Loi 101.
L’enjeu est considérable. Il y a déjà trois autres municipalités de l’Est ontarien qui ont adopté des règlements en faveur de l’affichage commercial dans les deux langues – Clarence-Rockland, La Nation et Casselman.
Ceux qui s’opposent au rayonnement du bilinguisme en Ontario ne sont pas sans savoir que si la tendance se maintient, l’affichage bilingue obligatoire pourrait se répandre dans bien des régions bilingues.
Pour ceux qui s’opposent carrément au fait français, tout ce français, «partout», doit être arrêté ici et immédiatement, avant que ça n’aille plus loin.
Bien des militants du groupe de Galganov, qui font également partie du groupe Language Fairness, se rappellent comment ils ont perdu la bataille contre les services en français à l’hôtel de ville d’Ottawa il y a quelques années.
Ils n’ont pas l’intention de perdre la bataille contre l’affichage bilingue commercial à Russell, et ainsi voir leur précieux canton devenir un autre endroit bilingue.
