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Un procès troublant pour les Conservateurs



Un procès troublant pour les Conservateurs

Un procès troublant pour les Conservateurs

Richard Cléroux
Publié le 14 Mai 2009
Publié le 18 Février 2010
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Sujets :
Palais , Parti conservateur aux élections , Conseil du Trésor , Kilrea , Ottawa , Promenade Sussex

Les Conservateurs se sont fait coincer dans le procès du maire Larry O’Brien, cette semaine, sans être capables de se défendre.

Le maire est accusé de fraude et de trafic d’influence dans une affaire qui remonte aux élections municipales d’Ottawa en 2006.

Il est accusé d’avoir offert un poste de Commissaire aux libérations conditionnelles et 30 000$ à son adversaire, Terry Kilrea, pour que celui-ci se retire de la course à la mairie.

Larry O’Brien a plaidé non coupable aux deux accusations.

Kilrea et O’Brien étaient tous deux perçus comme des candidats potentiels de la droite à la mairie, avec des appuis massifs de l’organisation conservatrice locale.

Leur double présence menaçait de diviser le vote de la droite et de laisser passer un des deux autres candidats – le maire sortant, le libéral Bob Chiarelli, ou le candidat de la gauche, Alex Munter.

Selon le témoignage de Kilrea entendu au Palais de justice d’Ottawa, lundi, lui et O’Brien se sont rencontrés, le 12 juillet 2006, sur la terrasse du café situé au 700, promenade Sussex, à l’ombre de la luxueuse résidence du maire. O’Brien avait son chien Rémi avec lui.

Kilrea a dit à la cour que c’est lors de cette rencontre au café que le maire lui a offert de l’argent pour qu’il se retire de la course.

O’Brien lui aurait dit que «des Conservateurs importants» voulaient que les deux hommes arrivent à une entente pour qu’il n’y ait qu’un seul candidat de la droite dans la course à la mairie.

Kilrea dit qu'O’Brien a ensuite ajouté : «Et si mon équipe te trouvait un autre emploi?»

Kilrea a témoigné que le maire avait ajouté que ce n’était qu’une courtoisie de sa part de lui offrir un poste et de l’argent, parce qu’il aurait bien pu le fourrer à l’os. (We could have rat-fucked you.)

Kilrea aurait dit qu’il y penserait.

Il a ensuite ajouté que, plus tard dans la journée, O’Brien l’a appelé pour lui dire qu’il avait parlé à John Reynolds, l’ancien organisateur de la campagne du Parti conservateur aux élections de 2006, qui lui avait dit que le nom de Kilrea était sur la liste de nomination pour le poste de Commissaire aux libérations conditionnelles.

Le poste payait environ 110 000$ par année, environ deux fois le salaire de Kilrea à ce moment-là.

O'Brien lui aurait dit de contacter le ministre John Baird, député d’Ottawa-ouest–Nepean, un vieil ami de Kilrea, pour qui il avait travaillé aux élections. Baird était alors président du conseil du Trésor; aujourd’hui, Baird est ministre des Transports.

Mais lorsqu’il a rejoint Baird, Kilrea s’est vite rendu compte qu’il n’était pas au courant dudit poste, donc il a fixé un rendez-vous le lendemain matin avec le ministre dans son bureau de l’Édifice de la Confédération, angle Wellington et Bank.

Kilrea a témoigné que lui et Baird ont discuté pendant plus qu’une heure de toutes sortes de choses – les Libéraux au provincial, le bureau du Procureur-Général, le travail de Kilrea, la politique du parti – mais ils n’auraient pas discuté du poste auquel Kilrea s’attendait.

Ce dernier n’a offert aucune explication à la cour. Ni le juge Douglas Cunningham, ni le procureur Hutchison, ni l’avocat du maire, Michael Edelson, ne lui ont demandé pourquoi lui et Baird n’ont pas parlé du poste de commissaire.

Est-ce un oubli? Est-ce la gêne? Kilrea avait-il changé d’idée? À la fin de la première journée de témoignages, on n’en savait pas plus, sauf que les Conservateurs, sans avocat pour les représenter en cour, sans avoir la chance de s’expliquer devant le tribunal, se sont trouvés mêlés au procès du maire O’Brien, un des leurs, et impliqués par le témoignage de Terry Kilrea, un autre des leurs.

Pas une bonne journée pour Stephen Harper; pas le début du procès auquel on s’attendait.

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