Le classique de Michel Tremblay est revisité par le metteur en scène Craig Holszchuh et traduit en anglais par Linda Gaboriau. Mais cet été, la petite compagnie de théâtre, fondée en 2006 et qui s’est spécialisée dans la production de pièces canadiennes intelligentes et drôles dans le secteur rural, a décidé d’innover en programmant, en grande première, quatre représentations en français, les 12, 14, 21 et 27 juillet.
« Avec le nombre grandissant de touristes francophones, provenant d’Ottawa, de Toronto et du Québec, la compagnie a décidé de présenter des pièces en français afin de satisfaire cette clientèle ainsi que la population francophone du comté. Les collines ondulées, les plages scintillantes, les vignobles, la route des saveurs alléchante ainsi que la route des arts, font de cette ile un pôle d’attraction et une destination de choix pour des milliers de touristes chaque été », indiquent les organisateurs.
Habitué de l’évènement, l’acteur d’Ottawa Paul Rainville sera pour la troisième année sur les planches du Festival Players du Comté de Prince-Édouard. Il a notamment joué dans Schoolhouse, en 2009, et l'an dernier, dans The Ballad of Weedy Peetstraw au Rosehall Run.
« Je passe toujours de beaux moments quand je viens ici. L’endroit est magnifique, les paysages très agréables, les restaurants chaleureux et les gens très accueillants ! ».
Mais ce ne sont pas seulement les attraits touristiques qui ont convaincu l’acteur de monter sur les planches. La présentation d’un spectacle dans les deux langues a excité son goût des défis.
« Je suis un anglophone qui a grandi dans le quartier d’Overbrook, à Ottawa, explique-t-il dans un français parfait. J’ai fait ma scolarité en français, mais dans ma carrière, j’ai davantage eu l’occasion de jouer en anglais. Plusieurs personnes m’ont encouragé à jouer en français et je suis vraiment content de pouvoir le faire et de permettre au public anglophone de découvrir un grand auteur comme Michel Tremblay. C’est tout un défi de jouer en français dans un comté dit ‘loyaliste’ », plaisante-t-il.
Jongler avec les langues autant qu’avec les mots était tout un exercice et il a fallu plusieurs semaines à M. Rainville et à l’actrice Rachel Robillard pour être fin prêts à le montrer au public.
« J’aimerais avoir encore quelques jours de pratique, mais je pense que nous avons désormais besoin de présenter le spectacle au public, lance-t-il à la veille de la première. Quand on traduit une telle pièce, on ne peut se contenter de traduire le texte, il faut aussi traduire les émotions, l’adapter à une autre culture », explique-t-il.
Heureux de saisir toutes les opportunités de jouer en français, M. Rainville poursuivra l’exercice cet automne, à Ottawa, dans « ABC Démolition » du Théâtre de la Vieille 17, présenté à La Nouvelle Scène. Il jouera également, en anglais cette fois, dans Secret Mask à la Great Canadian Theatre Company.

