« Assister à mon spectacle, c’est un peu comme venir dans mon salon », plaisante Tricia Foster. Jamais avare de surprises, l’artiste franco-ontarienne sait recevoir son public et le mettre à l’aise, l’accueillant dans des tenues plutôt décontractées qui rappellent davantage le cabaret que le canapé. Après les tutus et corsets, l’artiste opte désormais pour le négligé, sous-vêtement qu’elle apprécie suffisamment pour qu’elle baptise ainsi son album.
« Aujourd’hui, il y a toujours cette recherche de la perfection dans la musique, sans place pour la mauvaise note. Je ne suis pas d’accord avec cette conception, je me revendique comme imparfaite, j’aime les choses sales et le terme « négligé » me représente bien, tant émotionnellement que physiquement ».
Mais n’allait pas croire que Tricia Foster souhaite simplement attirer l’attention ou faire de la provocation gratuite, ses tenues sont comme des déguisements, et l’artiste comme un enfant pour l’Halloween. Sans renier ses deux premiers albums, elle explique s’être enfin trouvée sur ce troisième album.
« Depuis mes débuts, j’ai appris à jouer de la basse électrique. Ça change tout car aujourd’hui, je peux davantage mettre les mains à la pâte et choisir mes textes et mes mélodies, sans avoir à recourir à quelqu’un d’autre ».
Oublié le temps du folk urbain, le second album « Commercial » avait déjà ouvert la porte au slam et au trip hop. Tricia Foster s’y est engouffrée pour faire la synthèse de tous les groupes qui ont bercé son enfance, de Madonna aux Beastie Boys, en passant par NOFX, Tori Amos et Portishead.
Après avoir travaillé pendant huit ans avec Shawn Sasyniuk, Tricia Foster signe désormais la coréalisation de son album avec Olivier Fairfield. Sur « Négligée », elle délaisse la politique pour se consacrer davantage sur elle-même.
« J’ai beaucoup voyagé car je joue avec d’autres groupes. Ça m’a donné du temps pour réfléchir et faire une introspection. Cet album est beaucoup plus intime, je me montre vulnérable, sur le fond comme sur la forme puisque j’apparais en sous-vêtement. Beaucoup de musiciens, comme d’écrivains commencent d’abord par écrire sur eux-mêmes, sur leurs expériences, moi j’ai fait l’inverse, mais je pense qu’il me manquait un album comme celui-là ».
Présenté d’abord à Montréal lors d’un 5 à 7, le 23 mai, l’ancienne résidente d’Ottawa fera l’honneur à la capitale de jouer son album pratiquement en intégral, avant de poursuivre sa tournée de lancement à Sherbrooke. L’artiste Leïla assurera la première partie du spectacle de Tricia Foster à Ottawa.

