Jean Stéphane Roy prend la relève du Théâtre la Catapulte



Jean Stéphane Roy prend la relève du Théâtre la Catapulte

Jean Stéphane Roy prend la relève du Théâtre la Catapulte

Sandy Chirol
Publié le 11 Février 2010
Publié le 21 Avril 2010
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Alors qu’il a mené pendant 12 ans le Théâtre la Catapulte jusqu’au rang de la plus importante compagnie de tournées à l’extérieur du Québec, Joël Beddows considère que c’est le bon moment pour offrir une nouvelle direction artistique à la compagnie. Et c’est Jean Stéphane Roy qui lui succèdera le 1er juillet prochain. Le petit nouveau du Théâtre la Catapulte cumule une longue expérience théâtrale à titre de comédien, metteur en scène et formateur notamment à l’École nationale de théâtre du Canada. Il a signé un grand nombre de mises en scène, dont L’Avare et L’Année du Big-Mac pour lesquelles il s’est vu décerner le Masque de la production franco-canadienne. Aujourd’hui, il se lance dans une nouvelle aventure dont il nous donne ses principaux défis. Sa priorité : assurer la relève du Théâtre la Catapulte.

Sujets :
Théâtre la Catapulte , Département de théâtre , Université d’Ottawa , Ottawa , Québec , Montréal

Comment abordez-vous votre arrivée au Théâtre la Catapulte ?

C’est une grosse chaussure à chausser, car je vais vraiment devoir travailler fort. Mon travail c’est de faire l’éponge. J’ai beaucoup de dossiers à comprendre. La compagnie est un peu une pieuvre, elle a beaucoup d’activités. Heureusement, la programmation est déjà faite. Mais lorsque je vais tordre l’éponge, attachez vos ceintures… Avez-vous déjà des idées de créations en tête ?

J’ai beaucoup d’idées, mais je ne sais pas encore si elles s’appliquent au Théâtre la Catapulte. Certaines choses sont impossibles de faire à la Catapulte. Pour que ce soit spécifique à ce qui se fait ici j’ai encore beaucoup de notions à recevoir. S'il y a une chose que je sais, c’est que je veux faire du développement dramaturgique, car une culture théâtrale sans auteurs ça meurt vite. Le théâtre c’est éphémère alors les seules traces qui restent sont les textes. Donc je veux vraiment pousser les auteurs à écrire. Par exemple, je suis intrigué par le quartier général de l’armée qui est en plein centre-ville d’Ottawa. On dirait que c’est un gros éléphant dans le salon que personne ne regarde. Je ne vois pas de productions qui parlent de l’armée. On l’a au quotidien dans notre vie et on fait comme si elle n’était pas là. C’est surprenant, pour moi qui ne viens pas d’ici je n’ai pas l’habitude d’en voir. Alors pourquoi pas une création autour de ça… Hormis la création théâtrale, quelles sont vos autres priorités ?

Je veux pousser la jeune génération à faire quelque chose. Ici, il y a une mentalité étrange qui est de dire ‘si je n’ai pas de subventions je ne le fais pas’. Il faut foncer, surtout que les jeunes ont de l’énergie, sont utopistes. En plus, je suis vraiment surpris parce que quand je suis à Ottawa je ne me sens pas en Ontario et quand je suis à Gatineau je ne me sens pas au Québec. Je trouve qu’il y a une espèce de bulle étrange, un mystère que je n’arrive pas à percer et pour moi la Catapulte est un moyen de me demander ce qu’il y a d’unique ici qu’on ne voit pas ailleurs. Alors, comment le Théâtre la Catapulte va-t-il vous aider à percer ce mystère ?

Justement, je me pose la question de savoir quel projet je peux initier, quelle rencontre je peux provoquer pour percer ce mystère. On dirait que les gens d’ici se comparent et je ne veux pas qu’ils se comparent, ni au Québec ni au reste du Canada. J’aimerais qu’ils se prennent pour ce qu’ils sont. Finalement, vous êtes en train de me dire que vous pensez pouvoir créer une compagnie unique, un genre qu’on n’a jamais vu ailleurs ?

Je pense que le théâtre d’ici pourrait avoir sa propre signature comme le théâtre québécois, ou le théâtre anglophone de Toronto par exemple. Ici, je ne sens pas toujours la signature. Et pour avoir sa signature, il y faut qu’il y ait de la diversité, mais le lieu (région d’Ottawa) est encore petit. J’essaye de convaincre mes étudiants (M. Roy est professeur au Département de théâtre de l’Université d’Ottawa) de rester chez eux, de créer ici. J’ai déjà réussi convaincre quatre étudiants de rester en outaouais au lieu d’aller à Montréal. Pourquoi vos étudiants ne veulent-ils pas rester dans la région ?

C’est un peu une tradition d’aller à Montréal, ça attire. Pourtant, moi je viens de là et le revers de la médaille n’est pas si beau que ça. C’est la grosse compétition où les plus forts gagnent. Il faut vraiment que les jeunes soient fiers de leur région. Ils n’ont rien à envier à Montréal.

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