En collaboration avec l'organisation Franco-Présence et l'immigration canadienne, Camille Laudé a présenté à un public varié une quinzaine de ses tableaux de peinture exposés en salle, samedi 27 mars, au Centre de ressources communautaires Overbrook-Forbes, sur la rue Quill. Trois de ces œuvres de peinture populaire ont décrit quelques scènes de ce drame inoubliable du 12 janvier 2010, vécu par des Haïtiens comme «une fin du monde».
On rappelle que ce sauvage tremblement de terre a causé plus de 200 000 morts, ensevelis dans les décombres des maisons d'habitations, édifices gouvernementaux et autres, notamment celui servant de siège à la Mission des Nations unies. Écoles, hôtels, hôpitaux et diverses infrastructures de la ville ont été effondrés, plongeant ce mardi-là Haïti en plein cauchemar.
«Nous n'avons plus, depuis 20 ans, revu Haïti, la terre de nos ancêtres. Ce tremblement de terre que Camille fait revivre à travers sa peinture stimule davantage le sentiment d'attachement à notre pays qui a, comme jamais auparavant, besoin de notre attention ainsi que nos concitoyens plongés dans le désarroi depuis cette folle journée d'horreur», a commenté Anceline, une mère haïtienne venue avec sa fille soutenir le travail de l'artiste.
Camille Laudé envisage, dans les mois à venir, de mettre à la disposition du public un album de ses tableaux, principalement sur le séisme.
Outre les toiles sur le séisme, les visiteurs ont également contemplé «Les principaux héros de l'indépendance» d'Haïti, peint en 2003. Comme thème, il exploite le portrait, le paysage et la nature morte.
Né à Port-au-Prince, Camille vit et travaille au Canada depuis 1983. Il est également concepteur et graphiste. Il compte à son actif une quarantaine d'expositions, réalisées dans plusieurs pays notamment le Canada, les États-Unis, la Suisse et Haïti. En 1992, il avait remporté le 3e prix du grand Concours d'art visuel du Québec. Ses tableaux se retrouvent dans plusieurs collections dont celles du légendaire Nelson Mandela.
Cette exposition se déroulait au même moment que l'atelier dénommé «Tam-Tam du bien être» animé par un artiste originaire du Cameroun, Louis Mbani. Celui-ci est responsable d'un ballet du nom de Percussimo, créé en 2006 à Gatineau.
Avec ses tams-tams, il a offert à une dizaine d'Africains et Canadiens francophones participants des activités de relaxation. «Grâce à la magie des tams-tams, ce genre d'atelier aide notamment à évacuer le stress, à améliorer la communication et à rapprocher les gens», a expliqué l'artiste.
Percussimo est une entreprise qui «contribue au bien-être des équipes de travail par l'animation au moyen de tams-tams». Elle crée et produit aussi des spectacles pour les entreprises et les organismes.
Pour le directeur général de Franco-Présence, Body Ngoy, ces deux activités rentrent dans le cadre des objectifs de son organisation visant à renforcer des liens d'amitié, de fraternité et de solidarité entre francophones de la région de la capitale nationale. En février, Franco-Présence avait réuni, sur un même podium, des écrivains originaires d'Afrique et leurs collègues canadiens de l'Ontario français dans le cadre d'une soirée poésie à la Nouvelle Scène.
