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Quinze ans à servir différemment au Troquet!

Patrick Voyer
Publié le 21 Août 2012
Publié le 21 Août 2012
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La Revue

«J'ai toujours dit que le Troquet, ça "alimente" les discussions.»

Sujets :
Le Troquet

C'est ainsi que le copropriétaire du Troquet Éric Gaudreault présente l'endroit où il gagne sa vie et se change les idées depuis 15 ans. Un café devenu un resto-bar, devenu un resto-bar-salle de spectacle. Un espace limite bohémien où grand-papa et petit-fils côtoient l'artiste engagé ou la commère de service. Un lieu métissé, épicé, coloré, québécois et international, où les pâtes se marient bien avec le blues, la jasette avec les découvertes et la bière avec le bois.

Elle est loin l'idée du "Second Cup" du premier propriétaire Daniel Morissette. De simple café-bistro où a commencé à servir Éric Gaudreault, Le Troquet s'est métamorphosé mais pas tant que ça. Un permis de boisson et un autre de diffusion de spectacles plus tard, la même bonne vieille ambiance chaleureuse fusionne avec une faune aussi fidèle que variée, qui peut à la fois casser la croûte, parler avec n'importe qui ou assister à un show en toute intimité.

«Ce n'est ni un resto ni un bar à part entière, mais une drôle de bibitte sans étiquette, lance Éric. On est l'étape entre le bar et le St-Hubert, entre le cinq étoiles et le fast-food. Ici, t'as la possibilité de manger pendant trois heures et que ça te coûte cher ou de manger de la "scrap". Entre les deux, il y a de la bonne bouffe sans prétention pour les retraités, les couples amoureux, les fonctionnaires, les jeunes et les familles.» C'est pour cela qu'Éric et son associé et ami Patrick Pilon ont conservé la section banquette pour les clients du resto uniquement et le reste pour les autres qui veulent trinquer, danser, chanter et relaxer devant une assiette ou non.

Cette décision représente bien la mentalité du Troquet. «On est deux jeunes, qui ne sont plus vraiment jeunes, qui sont nés et qui ont grandi à Gatineau. J'aurais pu prendre la décision de faire disparaître la section resto pour me remplir les poches. J'aurais aussi pu vendre de la Molson et de la poutine pour avoir une plus grande marge bénéficiaire, mais je voulais offrir de la qualité. J'aime ça les jeunes mamans qui viennent présenter leur bébé aux fonctionnaires! Il n'était pas question de laisser tomber la clientèle.»

Culturellement engagé

«Sans le savoir ou le vouloir, Le Troquet s'avère avant-gardiste dans le Vieux-Hull! Je suis très heureux que ça se développe, avoue Éric Gaudreault, car tout ce qui ouvre au centre-ville depuis quelques années est de vocation culturelle. Même nous, dès le début, on avait de la danse flamenco, alors...»

Éric et Patrick n'ont désormais plus besoin de lancer des appels aux artistes, car le mot s'est rapidement passé. «Ici, tout est très organique, tout s'organise tout seul. Que ce soit les soirées de poésie ou de slam...» Sans oublier les Virées Blues Boréale qui reviennent cet automne et les shows improvisés à quelques jours d'avis. Le Troquet respire la liberté et carbure autant aux jeunes artistes d'ici qu'aux pointures.

Un bon exemple de ça? Le calendrier des activités de son 15e anniversaire, du 25 août au 1er septembre. Les expos de Dominik Sokolowski, Jean-François Provost et Benjamin Rodger, un spectacle gratuit d'Antoine Gratton le samedi 25 août, la Virée Blues Boréale avec David GOGO le 30 août et le pik nik- photomaton pour remercier les clients le samedi 1er septembre. Les slameurs Marjolaine Beauchamp et D-Track mettront aussi leur grain de sel.

Éric rêve du jour où, comme dans d'autres grandes villes amies des artistes, la musique après 22h ne sera plus considérée comme un bruit de tondeuse tôt le matin. «Les gens d'ici ont du plaisir à voir et entendre des artistes d'ici, ça les rend fiers de leur région, estime-t-il. Et dans l'ère où on est où tout se passe sur les réseaux sociaux, c'est important d'avoir des endroits pour jaser. Ici, il y a un petit côté bohémien tranquille, mais on veut que le client bouge et que ça curiosité soit piquée, s'implique dans les conversations au bar ou durant les spectacles. On les invite dans la bulle Troquet dans laquelle les gens peuvent partager.»

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