Nicolas a mis la main sur le Prix Formation du ministère de la Culture de l’Ontario et Lisa, le Prix Création du ministère de la Culture de l’Ontario, deux bourses de 5000$.
Ce coup de pouce tombe à point pour Lisa, qui avait déjà reçu une subvention pour commencer l'écriture d'une nouvelle pièce cet été. Elle présentera aussi une Carte blanche à l'Espace René-Provost du 25 au 27 avril tirée d'une pièce qu'elle a commencé à écrire en 2004, à sa sortie de l'Université d'Ottawa, L'Oiseau d'O.
Elle nous offrira la troisième version de cette dure fiction-réalité. «Ça se passe dans un contexte de guerre, une guerre qui pourrait arriver partout. Je voulais parler des enfants-soldats, j'ai donc imaginé une histoire avec deux petites filles. Une devient soldat et prend le rôle d'un garçon, alors que l'autre est forcée d'entrer dans le commerce du sexe…»
Lisa a décroché cette Carte Blanche en participant à la soirée des Petites trouvailles, organisée par la directrice de l'Espace René-Provost, Sylvie Dufour.
«Ça me dit que je suis dans la bonne direction», conclut la touche-à-tout de 29 ans qui, après sa formation à l'Université d'Ottawa, a terminé une maîtrise à l'Université de Colombie-Britannique. Depuis ce temps, elle a œuvré notamment au Théâtre de l'Île, à l'Espace René-Provost et à la Catapulte comme régisseuse, directrice de production, traductrice et accessoiriste. Tout sauf le jeu… qu'elle préfère laisser à "ceux qui ont vraiment du talent"!
Paris, le voilà!
La bourse de Nicolas Desfossés, finissant lui aussi de l'Université d'Ottawa, lui permettra de suivre un stage à l’École internationale Jacques-Lecoq. Il en profitera évidemment pour visiter le Vieux Continent et assister à des pièces de théâtre!
L'atelier de deux semaines que suivra Nicolas s'intitule "Jeu et masques". «J'étais rendu là dans mon processus, d'aller à l'extérieur pour travailler sur mon corps, pour ressentir les émotions sans les "béquillages du visage"», confie le comédien de 29 ans qu'on a pu voir dernièrement dans Zone de Marcel Dubé. Cette importance du corps lui a été révélée lors de la dernière production d'Anne-Marie White.
Nicolas a commencé "sur le tard", mais quand il a saisi sa chance, il a récupéré des années de tergiversation. «J'ai fait mon bac tranquillement en travaillant en même temps, dit-il. Avant, j'avais fait de l'art dramatique au secondaire, mais je n'y croyais pas. Mais c'était seulement une lacune de confiance!» Qu'à cela ne tienne, il y croit maintenant et est pas mal occupé!
Et ça adonne bien, car selon lui et plusieurs personnes de son entourage, le milieu théâtral de la région de la capitale nationale est florissant. «Il y a une belle vague dans la région, beaucoup de jeunes compagnies émergent et des théâtres établis laissent de la place aux jeunes. La nouvelle génération a un intérêt ici et travaille ensemble. Oui, il y a des cliques, mais on ne se donne pas de coups de hache dans le dos!», nuance-t-il en riant.

