An Education de Lone Scherfig : Éducation et émancipation!



<em>An Education</em> de Lone Scherfig : Éducation et émancipation!

An Education de Lone Scherfig : Éducation et émancipation!

Giselle Nantais
Publié le 2 Novembre 2009
Publié le 18 Février 2010
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Imaginez Londres dans les années 1960, mais avant l’époque yé-yé des Beatles et du phénomène des British rock bands, avant la révolution culturelle et sociale. Jenny est une adolescente de 16 ans, inscrite à une école privée, et qui rêve d’aller à Oxford!

Sujets :
Université Carleton , Université d'Ottawa , École secondaire catholique Garneau , Londres , Paris , Twickenham

An Education de Lone Scherfig est basé sur les mémoires de la journaliste-scénariste Lynn Barber, adaptées pour l’écran par elle-même et Nick Hornby (Fever Pitch, About a Boy), ce dernier probablement pour équilibrer les aspects féminins et masculins du film. Ceci dit, le résultat est charmant! Le film nous projette en 1961, un moment moins connu des «swinging ’60s». Tout se déroule dans un quartier bourgeois de Londres, Twickenham, où la nouvelle génération aspire à une meilleure éducation dans des universités prestigieuses telles qu’Oxford ou Cambridge, et où les filles rêvent d’avoir une vraie carrière…

Jenny, interprétée avec beaucoup de fraîcheur et de fougue par Carey Mulligan, est une étudiante assez douée pour la littérature anglaise et les langues, notamment le français. Comme n’importe quelle ado romantique, elle s’imagine déambulant les quais de Paris lorsqu’elle écoute ses disques de Juliette Greco qu’elle connaît par cœur. Ses parents, Jack (Alfred Molina), un fonctionnaire, et sa mère Marjorie (Cara Seymour), ménagère, l’encouragent beaucoup dans ses études et veulent pour elle le succès qu’ils n’ont pas eu.

Par un après-midi pluvieux typique de Londres, en sortant de sa pratique d’harmonie où elle joue le violoncelle, elle est interpellée par un homme plus âgé, à l’allure professionnelle, conduisant un bolide sportif, genre «roadster», qui propose de la ramener chez elle. Peter Sarsgaard incarne à merveille ce David, nouveau-riche et assez arnaqueur, qui changera la vie de Jenny.

David lui montre un côté de Londres, et de la vie, inimaginable aux gens de sa classe économique. Avec ses amis, Danny (Dominic Cooper) et Helen (la ravissante Rosamund Pike avec ses costumes ‘trendy’), Jenny ira à des concerts classiques, des encans de Christie, des clubs de jazz, des restos huppés, etc. David est tellement charmant et convaincant avec les parents de Jenny, qu’il réussit même à l’amener à Paris pour une fin de semaine romantique!

Lone Scherfig, une réalisatrice danoise qui avait eu beaucoup de succès avec Italian for Beginners (récipiendaire de 20 prix internationaux en 2001-02), cerne bien le milieu et les mouvements sociaux, ainsi que la mentalité des jeunes filles de l’époque – Carey Mulligan fait même penser à une jeune Audrey Hepburn! Scherfig présente la société étriquée britannique présageant un éclatement des classes sociales, mais enchaîne bien les péripéties pour créer une œuvre crédible et divertissante où on ne voit pas venir les coups! Bravo!

Le thème de l’émancipation féminine est aussi abordé avec acuité par des personnages secondaires : Miss Stubbs (Olivia Williams), son prof de littérature, l’encourage et l’aide dans des moments plus difficiles; l’excellente Emma Thompson joue avec aplomb la directrice de l’école privée de Jenny, perspicace, forte et flegmatique – elle rappelle un peu Margaret Thatcher, par son caractère et par ses tailleurs couturiers et ses cheveux bouffants parfaitement coiffés. An Education, récipiendaire du prix du Public et de la meilleure cinématographie au Festival Sundance cette année, sera à l’affiche au Cinéma Bytowne du 30 octobre au 12 novembre.

Recommandations :

Le film La Donation de Bernard Émond qui met en vedette Elise Guilbault et Jacques Godin sera à l’affiche dans les cinémas québécois le 6 novembre.

Si vous avez manqué Coco avant Chanel, qui était à l’affiche au Starcité de Hull, vous pourrez le voir au Cinéma Bytowne du 13 au 26 novembre.

À propos de Giselle Nantais

Giselle Nantais est née cinéphile à Ottawa (est-ce possible?). Fille d'Hélène Brodeur et de Robert Nantais, elle s'est épanouie dans un univers rempli de livres et de films. Elle a fait ses études en lettres françaises et en espagnol, mais elle a aussi pris des cours de journalisme à l'Université Carleton. Elle a voyagé et travaillé en Europe, au Vénézuela et au Mexique. Après son bac spécialisé en pédagogie à l'Université d'Ottawa, elle s'est lancée dans l'enseignement à l'École secondaire catholique Garneau, à Orléans, où elle a enseigné le français et l'espagnol pendant 31 ans. Elle est aussi vice-présidente du Ciné-club d'Ottawa et critique de films pour la télévision Rogers depuis une quinzaine d'années.

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