Le film De père en flic, réalisé et co-scénarisé par Émile Gaudreault (Mambo italiano et Comment survivre à sa mère), est une comédie policière centrée autour d’une enquête des actions illicites d’un chef de motards, Mononc Tardif, interprété par un autre humoriste, Jean-Michel Anctil; celui-ci détient en otage un policier qu’il menace de tuer si la police ne relâche pas un motard impliqué dans son procès. De plus, l’otage est un collègue de Jacques et Marc.
Mononc Tardif est défendu par Maître Bérubé (Rémy Girard), narcomane sur les bords mais bien protégé et difficile d’accès. Cependant, ce dernier éprouve de graves problèmes de communication avec son fils, Tim, interprété par l’excellent Patrick Drolet (le fils de Marc Messier dans Le grand départ). Lorsque Nathalie, la femme de Me Bérubé, les inscrit à une fin de semaine de thérapie père/fils en forêt, Jacques et Marc deviennent des agents immobiliers qui se joignent à l’aventure dans le but de convaincre l’avocat de collaborer avec la police.
Les relations père-fils sont souvent problématiques, même quand l’affection règne, et le duo Michel Côté/Louis-José Houde est crédible parce qu’ils se ressemblent physiquement bien que l’écart de générations fait qu’ils sont des plus différents : Jacques est pragmatique, enclin à l’action spontanée, alors que Marc est beaucoup plus analytique et cérébral. Les répliques socio-politico-techno-écolo juteuses de Louis-José Houde avec sa livraison à bout portant nous étonnent à chaque fois et on a le goût de rembobiner pour être sûr de n’avoir rien manqué! Les aventures et les situations de confrontations entre parents et enfants sont assez cocasses mais mènent à une analyse réaliste des sources de problèmes et de leurs résolutions. On se prend même à réfléchir à nos relations familiales.
Les films policiers sont populaires parce qu’il y a toujours de l’action, et le rythme dans ce film est très bien mené sur des fronts variés qui s’entrecroisent : l’aventure père/fils en pleine nature et l’équipe de surveillance qui les suit, les quartiers-généraux policiers et ceux des motards, le motard détenu, l’otage et les tueurs à gages évidemment! Le tout est généreusement assaisonné d’humour et d’une bonne dose de réalisme, ce qui fait rapidement avancer l’intrigue de ce film des plus divertissant et parfois touchant.
N’oublions pas l’aspect romantique qui est essentiel à n’importe quel film estival à succès : Marc est en peine d’amour et son ex-blonde, Geneviève (Caroline Dhavernas), policière qui surveille le duo dynamique de loin pour ne pas se faire repérer, joue un rôle bien différent de celui qu’elle tenait dans Passchendale avec Paul Gross. Elle incarne la femme moderne, intelligente, forte mais pas insensible.
L’interprétation de tous les acteurs du film est excellente, mais à souligner les divers duos participant à l’aventure père/fils qui sont farfelus et authentiques à la fois, menés par Gilbert Bouchard (Robin Aubert) le sympathique moniteur psycho-écolo. De père en flic est à l’affiche au Starcité et au Cinéma 9 à partir du mercredi, 8 juillet, et devrait tenir l’affiche une bonne partie de l’été.
Le Top 5 de Giselle
1. De père en flic, d’Émile Gaudreault, au Starcité et au Cinéma 9.
2. J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan, au Cinéma 9 et au Starcité.
3. L’heure d’été, d’Olivier Assayas, au Cinéma Bytowne du 10 au 23 juillet (bon drame familial avec d’excellentes performances, surtout celle de Charles Berling, mais un peu long).
4. Amarcord, de Federico Fellini, au Cinéma Bytowne du 9 au 13 juillet (classique nostalgique et très drôle du grand maître, remasteurisé en 35 mm – superbe!).
5. Ice Age 3 : Dawn of Dinosaurs en 3-D, au Cinéma Silvercity, Gloucester.
Notez : La prochaine fois, je vous parlerai de l’amusant OSS-117, un excellent pastiche des vieux films de James Bond!
À propos de Giselle Nantais
Giselle Nantais est née cinéphile à Ottawa (est-ce possible?). Fille d'Hélène Brodeur et de Robert Nantais, elle s'est épanouie dans un univers rempli de livres et de films. Elle a fait ses études en lettres françaises et en espagnol, mais elle a aussi pris des cours de journalisme à l'Université Carleton. Elle a voyagé et travaillé en Europe, au Vénézuela et au Mexique. Après son bac spécialisé en pédagogie à l'Université d'Ottawa, elle s'est lancée dans l'enseignement à l'École secondaire catholique Garneau, à Orléans, où elle a enseigné le français et l'espagnol pendant 31 ans. Elle est aussi vice-présidente du Ciné-club d'Ottawa et critique de films pour la télévision Rogers depuis une quinzaine d'années.
