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Lemon Tree de Eran Riklis : La guerre des citrons!



<em>Lemon Tree</em> de Eran Riklis : La guerre des citrons!

Lemon Tree de Eran Riklis : La guerre des citrons!

Giselle Nantais
Publié le 17 Juin 2009
Publié le 18 Février 2010
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Lemon Tree, ce nouveau film sociopolitique de Eran Riklis s’inspire d’un fait divers véridique au sujet d’une veuve palestinienne, propriétaire d’un verger de citronniers, ayant comme nouveau voisin le ministre de la Défense israélien – comme mesure de sécurité, le verger fut entouré de barbelés et de miradors, ce qui mena à cette guerre des citrons!

Sujets :
Défense israélien , Université Carleton , Université d'Ottawa , Israël , Syrie , Amérique

Eran Riklis est un réalisateur israélien très sensible aux relations difficiles dans les zones frontalières de son pays. Dans son film précédent, La fiancée syrienne (2004), c’était une Palestinienne, vivant en Israël, qui devait faire ses adieux à sa famille et traverser la frontière en robe de mariée avec documents en main pour rejoindre son fiancé en Syrie.

Dans Lemon Tree, c’est une veuve palestinienne qui subsiste grâce aux fruits du verger planté par son père, il y a une cinquantaine d’années. Ses trois enfants ont leur propre vie, l’un d’eux travaillant dans un restaurant en Amérique. Elle vit seule, et avec un vieil employé fidèle, elle cultive ses citrons.

Hiam Abbass, l’actrice fétiche de Eran Riklis, incarne parfaitement cette Salma Zidane, outragée par ces mesures draconiennes qui la couperont non seulement de son gagne-pain, mais aussi de son passé avec sa famille, son père qui lui avait appris le respect dû aux arbres et aux fruits de la terre.

Bien sûr, tout le film est une métaphore du respect dû à des gens simples, comme Salma, qui ne veulent pas se laisser bafouer par les autorités. C’est surtout l’indignité du processus qui la rebute. Lorsqu’elle reçoit l’ordre officiel que son verger doit être détruit et qu’elle sera compensée financièrement par le gouvernement israélien, le document est rédigé en hébreu, une langue qu’elle ne parle même pas! Elle doit s’en remettre aux hommes de sa communauté qui lui disent d’accepter l’offre pour ne pas créer de scandale, mais elle se sent humiliée par l’injustice. Elle embauche donc un avocat, Ziad Daud (Ali Suliman), ancien copain de son gendre, pour défendre sa cause. Ensemble, ils passent les diverses étapes pour se rendre jusqu’à la cour suprême!

Le réalisateur porte un regard très juste sur la condition féminine des deux côtés de la frontière. La femme du ministre israélien, Mira (Rona Lipaz-Michael), sympathise avec Salma et voudrait l’aider, mais elle est contrôlée par son mari et son entourage protocolaire; la presse aussi est manipulée par le gouvernement, ce qui aura des répercussions sur l’issue du procès. Salma est toujours surveillée et visitée par le représentant du village qui lui rappelle son rôle de veuve et de femme arabe digne, qui ne doit pas faire d’esclandre, ni même transiger avec son avocat! Accrochée au mur du salon, la photo de son défunt mari a l’air de la rabrouer aussi avec son regard sévère et réprobateur!

Ce film des plus réalistes montre que dans ces pays déchirés depuis toujours, les solutions ne sont jamais faciles. La fin est imprévisible et nous porte à réfléchir sur la condition humaine. Malgré tout, Salma demeure digne et courageuse, et il n’y a pas de meilleure interprète pour incarner cette dignité que Hiam Abbass.

Cet excellent film, gagnant du Prix du public au Festival de Berlin, sera à l’affiche au Cinéma Bytowne à partir du vendredi, 19 juin, et va sûrement continuer dans quelques salles commerciales de la région.

Le Top 5 de Giselle

1. Lemon Tree, de Eran Riklis au Cinéma Bytowne.

2. J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan au Cinéma 9, à Gatineau.

3. Pour elle, de Fred Cavayé au Starcité Fortune.

4. Tokyo!, trois courts métrages très flyés au Cinéma Mayfair.

5. Up!, un excellent film d’animation pour toute la famille à voir en 3-D.

À propos de Giselle Nantais

Giselle Nantais est née cinéphile à Ottawa (est-ce possible?). Fille d'Hélène Brodeur et de Robert Nantais, elle s'est épanouie dans un univers rempli de livres et de films. Elle a fait ses études en lettres françaises et en espagnol, mais elle a aussi pris des cours de journalisme à l'Université Carleton. Elle a voyagé et travaillé en Europe, au Vénézuela et au Mexique. Après son bac spécialisé en pédagogie à l'Université d'Ottawa, elle s'est lancée dans l'enseignement à l'École secondaire catholique Garneau, à Orléans, où elle a enseigné le français et l'espagnol pendant 31 ans. Elle est aussi vice-présidente du Ciné-club d'Ottawa et critique de films pour la télévision Rogers depuis une quinzaine d'années.

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