Tout un mystère entoure la vie et la mort de Stieg Larsson, un journaliste d’investigation acharné qui a dévoilé bien des scandales, qui s’est opposé à l’extrême droite, au racisme et au sexisme dans son pays, la Suède, et dans le monde. Il était aussi le rédacteur en chef de la revue Expo qui défendait les droits de l’homme.
En novembre 2004, à 50 ans, Stieg Larsson meurt d’une crise cardiaque après avoir remis à son éditeur les manuscrits de sa trilogie Millénium. Les romans de Larsson ont été posthumément publiés et les royautés sont versées à sa famille, plutôt qu’à sa compagne de vie pendant 30 ans, Eva Gabrielsson. Cette dernière possède-t-elle vraiment le quatrième volume…?
Le personnage principal de la trilogie, Mikael Bloomkvist, très bien interprété par Michael Nyqvist, est l’alter-ego de Larsson : Bloomkvist est le fondateur et rédacteur en chef de la revue Millénium, qui mène une lutte acharnée contre les monopoles financiers, les magouilles politiques et évidemment, l’extrême droite. Cependant, au début du film, il est en cour et perd son procès contre le dirigeant d’un puissant empire scandinave. Il est donc inculpé de diffamation et devra purger sa peine.
En même temps, on rencontre Lisbeth Salander, une jeune hackeuse goth de 24 ans, qui talonne Mikeal Bloomkvist pour monter un dossier sur lui – elle travaille pour une compagnie de sécurité. Noomi Rapace interprète à merveille cette Lisbeth, dure et mystérieuse, au passé ténébreux, qui doit rendre compte de ses déplacements à un agent de probation abusif! Laissez-moi vous dire qu’elle règlera efficacement son cas!
Pendant que Bloomkvist attend la revue de son cas, un vieil industriel suédois, Henrik Vanger, l’embauche pour éclaircir la disparition, il y a 40 ans, de sa nièce préférée, Harriet. Il soupçonne qu’elle ait été tuée par un membre de la famille qui avait des connections nazis jadis. S’amorce alors l’enquête de Bloomkvist qui reverra tous les anciens dossiers pour reconstituer les événements passés.
Les vieilles photos ramènent évidemment des flashbacks de la Suède des années ’60 pour une classe assez élitiste et désoeuvrée. Lisbeth, qui continue à hacker dans son ordi, se joindra éventuellement à lui pour le mettre sur la piste d’une série de meurtres commis dans les années ’50 et ’60. La chimie entre ces deux protagonistes est évidente et étonnante due à leurs styles différents mais aussi à leurs personnalités et à la qualité de leur jeu. Ensemble, ils pénètrent dans le domaine de l’horreur, ces cas macabres qui n’ont jamais été résolus…
Niels Arden Oplev, un réalisateur danois, mène avec brio l’intrigue du film. Le rythme du film est soutenu et malgré la longueur, 2h20, on ne voit pas le temps passer! On suit l’enquête menée par le duo Bloomkvist-Salander où l’horreur et le suspense se succèdent avec des scènes bien montées, certaines typiques avec des manoirs «épeurants» le soir, mais c’est dans la nature du genre!
Le réalisateur, Niels Arden Oplev, brosse aussi un portrait de la Suède actuelle et passée. Tout commence à Stockholm, la capitale, ville classique, politique, avec une faune nocturne assez menaçante; viennent ensuite les scènes dans les énormes résidences des Vanger sur une île appartenant à la famille; puis, il y a des scènes rurales lorsque Bloomkvist et Lisbeth suivent les pistes de l’enquête dans de petits villages. La photographie est superbe! On découvre même, par bribes, le mystère de Lisbeth…
C’est un film à voir à l’affiche au Starcité et au Cinéma 9 à Gatineau. Et je vous recommande la lecture des romans, bien qu’ils fassent en totalité quelque 1900 pages passionnantes!
NOTEZ : À cause de mon absence, je ne peux dresser un Top 5 comme d’habitude, mais j’ai vu de bons films en Europe, alors je les recommanderai lorsqu’ils seront distribués. Il faut aussi dire que c’est l’époque des films commerciaux médiocres, en attendant les gros canons de l’été!
À propos de Giselle Nantais
Giselle Nantais est née cinéphile à Ottawa (est-ce possible?). Fille d'Hélène Brodeur et de Robert Nantais, elle s'est épanouie dans un univers rempli de livres et de films. Elle a fait ses études en lettres françaises et en espagnol, mais elle a aussi pris des cours de journalisme à l'Université Carleton. Elle a voyagé et travaillé en Europe, au Vénézuela et au Mexique. Après son bac spécialisé en pédagogie à l'Université d'Ottawa, elle s'est lancée dans l'enseignement à l'École secondaire catholique Garneau, à Orléans, où elle a enseigné le français et l'espagnol pendant 31 ans. Elle est aussi vice-présidente du Ciné-club d'Ottawa et critique de films pour la télévision Rogers depuis une quinzaine d'années.
