La fable d’OC Transpo



La fable d’OC Transpo

La fable d’OC Transpo

Gérald Poulin
Publié le 14 Janvier 2009
Publié le 18 Février 2010
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Sujets :
OC Transpo

J’ai toujours eu une grande admiration pour Lafontaine. On peut toujours trouver dans ses fables une grande sagesse et il semble qu’en grand philosophe, il a pu y décrire des situations dans lesquelles toutes les faiblesses humaines trouvent leur écho.

Ce qui m’amène à vous parler de la grève d’OC Transpo. Toute cette histoire me fait penser à la fable Les animaux malades de la peste. Vous vous souvenez que la peste faisait des ravages chez les animaux et «ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés». Les chauffeurs d’autobus sont comme ces animaux malades de la peste.

D’autres ont fait la grève, faisons-la nous aussi. Mais là, ils sont tous malades, la langue un peu tirée vers le bas, ils se traînent vers les lignes de piquetage, les poches vides, l’hypothèque en arrière, le paiement d’auto dû et le frigo vide.

Dans la fable, le lion, roi de la forêt, tint conseil. Il découvre que tous sont aussi coupables les uns que les autres, mais personne ne veut admettre de grands torts. Les chauffeurs d’autobus sont convaincus qu’ils sont des victimes. Oh! Ils ont bien quelques petits défauts, mais rien qui mérite qu’on leur refuse des demandes «raisonnables».

Leur grand Manitou, un dénommé Cornellier, les a persuadés de rejeter une offre quand même assez alléchante, mais ça ne peut suffire. Dans ce conflit, ou cette peste de grève, le maire O’Brien est comme le berger que le lion a mangé. Et «l’on peut dire qu’il est digne de tous les maux».

Ou encore le maire est plutôt l’âne de la fable. L’âne avoua avoir tondu «de ce pré, la largeur de sa langue». Oh voilà le coupable. C’est lui qui a déclenché cette maudite grève qui affecte les plus dépourvus. Qu’importe que la population soit prise en otage! Nous, on aime nos quarts de travail, on aime doubler notre salaire annuel grâce aux larges bénéfices du surtemps. On aime bien, à la fin d’une course, prendre un temps d’arrêt, griller une cigarette, et au diable l’horaire.

Que les brebis galeuses attendent à geler sur les coins de rue, la Ville ne doit pas se charger de fixer nos quarts de travail. Non, non! Ce n’est pas des sous de plus que nous voulons, nous sommes déjà grassement payés et l’offre de la Ville était fort bonne. Mais le grand Manitou nous a bien avertis de rejeter du revers de la main cette offre, et nous l’avons fait.

Mais pendant ce temps, la Ville «mange l’herbe d’autrui», ce sont les dollars de contribuables qui s’envolent allègrement! Qu’importe! Le fond est loin et si ces miséreux de payeurs de taxes veulent un service de transport en commun digne de porter ce nom, qu’ils payent! Depuis longtemps, la Ville a vendu son âme, en donnant au syndicat le soin de fixer les horaires de travail. Elle paye chèrement cette faiblesse, cette défaillance. Elle mérite tout autant la peste!

Quel employeur cèderait à ses employés un privilège comme celui de décider quand et pendant combien de temps un employé travaillera? Ce n’est pas s’étouffer de bon sens que de comprendre que c’est le droit de l’employeur de déterminer quand ses employés vont travailler et pendant combien de temps. Et s’ils ne sont pas contents de l’horaire que leur dresse l’employeur, qu’ils se cherchent un emploi ailleurs.

Entre-temps, la population demeure otage et se trouve toutes sortes de moyens pour se rendre au travail. Les étudiants ont trouvé leurs jambes pour aller à leurs cours, on se rend au travail en patin sur le canal, on se fait de nouveaux amis sur la route en étendant le pouce pour faire un bout de chemin. On arrive en retard au travail, mais la productivité peut souffrir et on se fait de nouvelles habitudes, qui se poursuivront après la grève.

La Ville alors va épargner des sous, parce que moins de gens prendront l’autobus, on réduira le nombre d’autobus sur la route et on coupera les emplois de plusieurs chauffeurs. Et comme le dit toujours la fable : «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir».

Que diable, voilà une belle description de notre administration à la Ville.

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