53 ans plus tard…



53 ans plus tard…

53 ans plus tard…

Gérald Poulin
Publié le 2 Septembre 2008
Publié le 18 Février 2010
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Sujets :
Tigre Géant , Canada , Rue King Edward , Hollywood

J’ai reçu, l’autre jour, un courriel qui m’a rappelé des souvenirs. En même temps, son contenu semblait tout à fait étrange parce que, même après seulement 53 ans, c’était presque incroyable que les choses aient tant changé. Je vous propose quelques-unes avec mes commentaires, du temps.

«Je vais vous dire une chose, si ça continue comme ça, il deviendra impossible de s’acheter les épiceries pour une semaine à moins de 20$.» Eh oui! C’était le temps où l’on pouvait acheter une livre de beurre pour environ 35 ¢. Aujourd’hui, on court chez le Tigre Géant parce que la livre de beurre se vend 4,09 $ alors qu’elle est 4,59 $ ou plus ailleurs. Et on feuillette la tonne de circulaires imprimées par les grandes chaînes alimentaires pour courir les aubaines. «As-tu vu les nouvelles autos de l’année. Je te le dis avant longtemps, on ne pourra pas s’acheter une voiture usagée le moindrement décente pour moins de 2000 $». Maintenant, on se promène en 4 x 4 et on consomme l’essence à grands coups de litres. L’essence, dans le temps, se vendait peut-être 40 ¢ le gallon. Pensez-y, c’est maintenant presque cinq litres à 6 $ le gallon. Il est temps qu’on songe à de plus petites voitures ou encore à revenir à la machine qui fonctionne à une fourchée de foin par jour, un bon cheval. Et si ce n’est pas assez, on enfourche un vélo et allons-y. Après tout, pourquoi sommes-nous toujours si pressés si on croit qu’aujourd’hui tout est trop cher? Revenons aux jours plus simples ou payons. «Si les cigarettes continuent de monter en prix, il en coûtera bientôt 25 ¢ pour un paquet.» J’ai cessé de fumer il y a plus de quarante ans. On me dit qu’on paquet de cigarettes coûtent maintenant environ 7 $. Ce n’est pas seulement la peur du cancer qui a amené les gens à cesser de fumer, c’est le prix de la cigarette. Mais voilà, aujourd’hui, c’est une bonne chose parce qu’il en coûtera moins cher pour soigner les cancers du poumon. «Avez-vous entendu dire que le bureau de poste songe à charger 10 ¢ pour un timbre ordinaire?» Le bureau de poste est maintenant devenu une société de la couronne. Il faut faire un profit, comme dans tout commerce, mais en même temps, on ne peut s’empêcher de remarquer que le coût d’un simple timbre a augmenté de 500 %. Si mon salaire avait augmenté de 500 %, je gagnerais maintenant environ 50 $ l’heure ou 1875 $ par semaine ou 97 500 $ par année. Je retournerais travailler tout de suite à ce salaire. «Si le gouvernement monte le salaire minimum à 1 $ l’heure, les petits commerçants ne pourront plus se payer de la main-d’œuvre.» À 10 $ l’heure pour le salaire minimum, les petits travailleurs vivent maintenant sous le niveau de la pauvreté au Canada. C’est pourquoi, plusieurs aiment mieux se dire incapables de travailler ou malades et retirer du bien-être social (BS). Ou encore, ils refusent de travailler parce que la différence entre le salaire et le BS est trop minime, donc ça n’en vaut pas la peine. Alors, on s’installe sur la rue King Edward, angle Saint-Patrick, on longe la file d’autos en attente du feu vert et on présente un gobelet en mousse de plastique. Avec le BS, ça arrondit les fins de mois. «Les enfants sont impossibles aujourd’hui. Avec la coupe de cheveux comme on voit, bientôt, les garçons vont avoir les cheveux aussi longs que les filles.» L’autre jour, chez Tim Horton, un jeune garçon, qui attendait son père dans la file, vint s’asseoir près de moi. Il avait les cheveux coupés à l’iroquoise et il arborait toutes les teintes de l’arc-en-ciel dans sa crête toute raide dans les airs. «Ton père t’a permis de couper tes cheveux comme ça?», que je lui demande. «Ce n’est pas lui qui décide», m’a-t-il répondu. Et ça m’amène à un autre commentaire de 1955. «Bientôt, les jeunes couples devront embaucher quelqu’un pour surveiller les enfants afin de leur permettre d’aller travailler.» Maintenant, on regarde de travers la femme qui ne travaille pas à l’extérieur. Les jeunes couples ne peuvent jamais boucler leur budget sans travailler tous les deux. Et on cherche éperdument les garderies à 7 $ par jour. De plus, on ne fait plus d’enfants parce que ça coûte trop cher et ça nous permet de pester contre les immigrants qui viennent «voler nos jobs». «On croirait que le mariage ne veut plus dire grand-chose. Ces idoles de Hollywood se divorcent en criant lapin.» Aujourd’hui, on n’a presque plus besoin de se divorcer, on vit ensemble et, si rien ne va, on se dit tout simplement bonjour et on part à la recherche d’un nouveau conjoint (ou conjointe). C’est plus simple comme ça. S’il n’y a pas d’enfants, ce n’est pas si mal. Dans le cas contraire, le ou les enfants ont deux, trois ou quatre pères et mères. «Dieu merci, je suis content que je ne verrai pas le jour où le gouvernement va m’enlever plus de la moitié de ma paye en impôt! Parfois, je me demande si on choisit bien nos élus». Ah là! Il y a belle lurette qu’on donne plus de 50 % de notre salaire en impôts de toute sorte. Pour le choix de nos élus, c’est scandaleux de voir le peu de gens qui se présentent pour voter. On laisse le soin aux autres de mal choisir nos politiciens. En 2008, je dis : «Bientôt, la démocratie va disparaître, faute de participant.» Serons-nous mieux avec un despote qui fait à sa guise et qui enlève toutes nos libertés? Alors, la Charte des droits ne voudra plus dire grand-chose. «Si vous pensez que je vais payer 50 ¢ pour une coupe de cheveux, oubliez ça!» Maintenant, vous savez pourquoi, mes cheveux sont souvent trop longs.

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