Incroyable le nombre d’histoires qu’on entend au sujet de diètes. Je lisais dernièrement les propos d’un lecteur qui écrivait à son rabbin favori : «J’ai tendance à toujours trop manger, surtout pendant les vacances. J’ai entendu dire qu’il était possible de perdre du poids en priant. J’ai l’impression que ça ne fonctionnerait pas. Avez-vous des conseils là-dessus?» Et le rabbin de répondre avec une pointe d’ironie : «Tu pourrais peut-être commencer par manger moins et prier davantage.» Puis, plus sérieusement, il lui dit que sans être un expert en alimentation, il lui recommande de faire des exercices, de prendre de plus petites portions à la table et de manger un peu, mais plus souvent durant la journée. Il revient ensuite à la prière. Celle-ci peut donner de la confiance en soi et c’est ce qu’il faut pour surmonter les obstacles de la vie. L’obésité est un obstacle et c’est possible de la surmonter, mais c’est un combat de tous les jours et qui durera toute la vie.
Ces conseils ne sont pas plus bêtes que tout ce qu’on peut lire dans les journaux et les revues ou voir à la télé. Il y a des remèdes miracles qui vous font fondre la graisse à vue d’œil. On embauche des vedettes grassettes comme Oprah, qui affirme qu’en six semaines elle a perdu 50 livres. On y voit souvent les deux portraits : avant, une grosse toutoune, et après, une belle jeune femme à la taille fine.
Au cours de ma vie, j’en ai vu de toutes les sortes. Je me rappelle d’un copain qui jouait au hockey avec moi et qui était assez lourdaud. Il a décidé de faire une diète pour maigrir. Chaque semaine, le soir du hockey, il nous tenait au courant de ses pertes de poids, puis, un bon soir, il avait l’air tout svelte, en bonne forme, sourire au visage content de sa victoire sur l’embonpoint. Le silence a suivi et à la fin de la saison, il avait repris tout son poids initial et même plus.
J’ai connu une dame qui ne pouvait contrôler son appétit. Elle avait, au cours des années, entrepris des dizaines de diètes. Invariablement, elle reprenait son poids et, à la fin de chaque diète, elle prenait encore plusieurs livres de plus qu’au départ. Enfin, dans un effort ultime, elle s’est fait coudre les deux lèvres. Il ne restait à la bouche qu’un petit trou par où elle passait une paille et se nourrissait de liquides seulement. Un jour, je l’entendais parler de calories. Elle connaissait la valeur nutritive et le contenu en calorie de presque tous les aliments. Je lui dis : «Comment tu peux te rappeler toutes ces statistiques?» «C’est simple, me dit-elle, quand c’est bon, c’est qu’il y a trop de calories!» Et c’est vrai, voyez par exemple le chocolat, c’est délicieux, il faut bien en convenir, mais regarder la teneur en calorie. Assez pour engraisser un porc maigre. Et c’est comme ça pour un tas de choses.
Une autre dame avait subi une opération pour réduire son estomac. Il paraît qu’en rapetissant le boyau qui conduit les aliments à l’estomac, on ne peut y entrer de trop gros morceaux. Il faut donc manger des bouchées de la grosseur d’un pois. On est donc forcé à manger moins. À ce que j’ai pu voir, le problème n’était pas réglé.
En terminant, toutes ces publicités sur la perte de poids s’adressent toujours aux dames! Et pourquoi pas aux hommes? Est-ce à dire que seules les femmes ont des problèmes de surpoids? Ne vous pétez pas les bretelles trop vite les hommes, c’est que la femme amincie fait plus belle figure qu’un homme dans les publicités. Il faut donc manger pour vivre et non vivre pour manger, même si parfois, c’est si bon!
