Depuis quelques années, il y a un engouement pour tout ce qui touche à la politique et à la vie du Vatican, avec des cabales par des ambitieux qui recherchent le pouvoir à tout prix, dans les films ou les romans (Angels and Demons), ou même dans des séries télévisées telles que Les Borgias. Le film de Nanni Moretti, présenté au Festival de Cannes l’an dernier, représente la papauté comme étant plutôt un fardeau sur les frêles épaules d’un vieillard. Le Saint Père se sent écrasé, angoissé par le poids de cette responsabilité, ne sachant quoi dire aux fidèles massés sous le balcon sur la place Saint-Pierre. Que faire pour rémédier à cette situation?
Le Vatican convoque un psychanalyste, interprété avec beaucoup de candeur par Nanni Moretti (qui joue toujours dans ses films), pour remettre le Pape élu sur la bonne voie! C’est un rôle des plus ironiques car il démontre les tabous de la religion catholique face à la psychanalyse et toute l’absurdité des protocoles sécuritaires dans ce cas. Quoi faire pour passer le temps depuis que le Pape s’est retiré dans ses appartements pour prier pendant quelques jours? Le psy, retenu au Vatican avec les Cardinaux pour garder le secret, décide d’organiser un tournoi de ballon-volant, avec des équipes représentant les différentes parties du monde : c’est absolument tordant!
Michel Piccoli interprète merveilleusement bien ce Pape, angoissé mais consciencieux, qui se sauve du Vatican pour frayer ̎ incognito̎ avec ses fidèles et tâter le pouls du public : il veut, en toute humilité, voir comment il peut les aider et les servir. Le personnage du Pape élu n’est jamais risible et le désarroi total dans son visage à certains moments lorsqu’il est aux prises avec son dilemme est désarmant, le rendant terriblement humain.
Nanni Moretti est un cinéaste autodidacte surtout de comédies sympathiques et satiriques, mais aussi de drames très touchants comme La chambre du fils, récipiendaire de la Palme d’Or à Cannes en 2001. Dans Habemus Papam, il alterne comédie et drame avec beaucoup de doigté, la foire au Vatican et la crise de conscience du Pontife en ville, pour mener l’intrigue vers une conclusion tout à fait imprévisible et très surprenante!
Sous le masque de la comédie, Habemus Papam nous fait néanmoins réfléchir à la mission de la religion catholique, qui ne semble pas avoir beaucoup évolué à travers les siècles pour s’adapter aux changements mondiaux, ainsi qu’à la vocation d’un Pape récalcitrant. Ce film sera à l’affiche au Cinéma 9 et au Starcité dès le vendredi, 4 mai.
Le Top 5 de Giselle :
1- Intouchables d’Olivier Nakache et d’Eric Toledano avec François Cluzet et Omar Sy, concilie avec brio deux personnages aux antipodes, deux univers différents qui co-existent à Paris et qui finissent par s’apprivoiser pour le plus grand bien de chacun. Un must si vous ne l’avez pas encore vu! Au Cinéma 9 et au Starcité.
2- Habemus Papam de Nanni Moretti. Très bonne comédie dramatique avec Michel Piccoli et Nanni Moretti. À l’affiche au Cinéma 9 et au Starcité dès le 4 mai.
3- Rebelle de Kim Nguyen, à l’affiche depuis le 27 avril au Cinéma 9 et au Starcité. Une jeune rebelle africaine de 14 ans raconte à son enfant à naître la vie qu’elle a été forcée de mener dans un camp de guerrilleros. Film assez dur, mais histoire touchante et excellente interprétation!
4- Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guediguian. Drame social bien interprété avec Jean-Pierre Daroussin, Ariane Ascaride et Gérard Meylan. A l’affiche au Cinéma Mayfair d’Orléans depuis le 27 avril.
5- Bully de Lee Hirsch. Excellent documentaire à l’affiche au Cinéma Bytowne du 4 au 10 mai.

