Luthier amateur depuis quelques années, Marc-André Dubosq voit grand. Il souhaite que la guitare, qu’il compte achever l’été prochain, fasse le tour de la province, accompagnant les artistes franco-ontariens. «Je veux que tout le monde puisse la voir à plusieurs reprises. Le but, c’est que les gens se souviennent de la culture franco-ontarienne en voyant la guitare», explique-t-il. Il souhaite aussi lancer un document explicatif, peut-être un livre, qui serait idéalement édité par une maison francophone de l’Ontario.
Ce projet, selon M. Dubosq, «saura unir les Franco-Ontariens qui veulent faire connaître leur histoire et leur culture. Il a comme objectif de faire vibrer la communauté franco-ontarienne, malheureusement plus souvent qu’autrement associée à la lutte plutôt qu’au rapprochement.»
Cette idée de guitare lui est venue du projet de Jowi Taylor, animateur radio à la CBC, qui a participé à la création d’une guitare canadienne. Cet instrument national a toutefois vu le jour dix ans après les premières démarches, un échéancier que compte bien raccourcir M. Dubosq. Il explique que parce que la communauté francophone en Ontario a une histoire plus restreinte que celle du Canada, il sera plus facile de rejoindre les gens. «La communauté est assez petite, le mot se passe rapidement», a-t-il fait part.
Tellement rapidement que le luthier amateur pense avoir assez de bois pour construire une seconde guitare, électrique celle-là, afin d’accompagner la première. Le voyageur Christian Pilon a été le premier à lui offrir sa pagaie d’homme du Nord, et depuis ce temps, le matériau ne cesse d’entrer. Des boucles d’oreilles de Lise Paiement au pinceau de Jeanne Doucet, en passant par la planche à «stepettes» de Deux saisons, plusieurs morceaux symboliques sont déjà parvenus à M. Dubosq, qui a également reçu plusieurs promesses de dons. C'est d'ailleurs le don de M. Pilon qui a inspiré le sobriquet de l'instrument, soit «la guitare au cœur de voyageur».
Marc-André Dubosq se servira du bois reçu pour confectionner des mosaïques à la tête de l’instrument, ainsi qu’à la rosette et à la plaque de protection. Il se chargera lui-même de trouver les gros morceaux tels le dos, les côtés et la table d’harmonie. S’il affirme ne pas être en mesure d’utiliser toutes les parties de bois reçues en entier, il croit être capable d’au moins intégrer une partie de celles-ci quelque part.
M. Dubosq a déjà approché certains artistes, qui ont démontré de l’intérêt envers le projet. Donald Poliquin, Manon Charlebois, Fred Larivière et Louis Racine, pour ne nommer que ceux-là, ont manifesté leur appui. «Par sa nature, le projet se doit d’être lancé par un concert franco-ontarien, avec la participation de divers artistes. Les musiciens membres de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique seront invités à participer à ce grand dévoilement», a indiqué M. Dubosq.
Les personnes qui voudraient en savoir plus sur ce projet ou qui auraient un morceau de bois significatif à offrir à M. Dubosq peuvent communiquer avec lui par courriel au dubosqm@cscdgr.on.ca.