Ce recueil, publié en février aux éditions L’Interligne, évoque pour le poète résidant d’Embrun «l’émotion de fond de ceux ou celles qui voient la beauté sans la posséder».
Empreintes d’un esprit de liberté, les strophes de Pelletier s’enfilent dans une turbulence volontaire ou un ordre imprévu. Le lecteur construit sa propre perspective de L’œil en démarrant son incursion dans l’univers du poète où bon lui semble. «Il s’agit d’une même trame, un même fil dans le labyrinthe, une même intuition», soulève Pierre Raphäel Pelletier.
On peut facilement commencer sa lecture au beau milieu d’une page, revenir en arrière, puis sauter quelques passages et finalement rebrousser chemin… Peu importe la démarche privilégiée, le «texte libre» de Pelletier permet autant d’éclairages possibles sur son œuvre.
Dans ce recueil coiffé d’une magnifique page couverture au style baroque, illustrée par Suzanne Richard, Pelletier s’exprime sur des thèmes aussi variés que la vie, la mort, l’espoir, le désespoir et la solitude. En guise de clin d’œil aux artistes qui l’ont marqué, il intègre leurs noms à ses vers. Il ne faut donc pas s’étonner de voir un Van Gogh torpiller le ciel ou encore apercevoir la Ribera qui s’écartèle entre Diego et Frida.
Décidément, le poète ontarois ne chôme pas. Après s’être consacré durant un peu plus d’un an à traduire ses émotions dans L’œil, Pelletier soutient qu’il a déjà autre chose en chantier qui devrait probablement prendre la forme d’un nouveau recueil de poésie.
Il faut dire que pour Pelletier, le besoin d’écrire est viscéral. «J’écris, parce que si je n’écrivais pas, je serais encore plus fou», assure-t-il.
L’œil de la lumière est la 17e publication de Pierre Raphaël Pelletier, parmi neuf recueils de poésie, quatre romans et deux essais.
Un oiseau de nuit voit la lumière
Pierre Raphaël Pelletier offre la Beauté du monde en 88 pages
Personnage nocturne, l’artiste pluridisciplinaire Pierre Raphaël Pelletier écrit et peint alors que ses concitoyens d’Embrun ont la tête bien enfouie dans leur oreiller. Peut-être inspiré par les vapeurs du whisky, Pelletier déferle toutes ses émotions sur le papier, puis plonge dans les bras de Morphée au petit matin, à six heures. C’est donc de la pénombre qu’a jailli L’œil de la lumière.
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