Harper est dans l'eau chaude

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Il n'aurait jamais dû nommer Nadon

Le premier ministre Stephen Harper est toujours dans l’eau chaude.

Ça remonte à il y a 10 mois lorsqu’il aurait décidé de nommer un juge de la Cour fédérale à la Cour suprême.

Le Juge Marc Nadon est un bon type, pas mal tout là, sauf qu’il croyait qu’il avait été repêché par les Red Wings  de Détroit lorsqu’il avait 14 ans. C’est ce qu’il avait dit devant un comité parlementaire.

Ceux qui connaissent le hockey l’ont vite désabusé de cette notion après avoir fini de rire.

C’est bien connu que la LNH ne repêche pas des jeunes garçons à l’âge de 14 ans.  Un dépisteur des Wings aurait possiblement dit à son père: "Un bon jour ton fils Marc fera un bon joueur de hockey".  Mais de là à le repêcher…

Nadon a plutôt opté pour le droit. Il est devenu avocat, puis juge à la Cour fédéral. C’est un poste tout à fait honorable, et Nadon était un bon juge.  On s’est  vite aperçu qu’il partageait certaines idées conservatrices de Harper, ce qui ne nuit pas du tout par les temps qui courent.

Par exemple, il a rendu un jugement à l’effet que le jeune Omar Khadr devait continuer à pourrir en prison à Guantanamo plutôt que de revenir purger le reste de sa peine au Canada.

Harper s’est dit: "Nadon est le gars que je veux sur le banc de la Cour suprême! "

Un gros problème: l’article 6 de la Loi de la Cour suprême stipule clairement que pour être nommé juges du Québec à la Cour suprême (l’un des trois) on doit être juge de la Cour d’appel du Québec, ou de la Cour supérieure du Québec, ou avoir été avocat au Barreau du Québec depuis 10 ans.

Le juge Nadon ne rencontrait aucun des trois critères. Il a été jugé inéligible.

Harper a tenté de carotter l’affaire dans l’un de ses budgets omnibus, en tentant de modifier  rétroactivement la Loi sur la Cour suprême afin de rendre éligible la nomination du Juge Nadon.

À son désespoir,  la Cour suprême a tranché contre par un compte de 6 à 1. Une autre défaite humiliante pour Harper, et il faut le dire, pour Nadon également.

Harper a dit au parlement que’il avait «sollicité l’avis de plusieurs juristes»  avant d’aller en Cour suprême  pour une décision.

Il a révélé les noms de trois experts consultés, qui étaient tous en faveur de la nomination de Nadon. C’est vrai, ce que dit Harper, mais il ne dit pas combien d’autres experts lui auraient dit le contraire.

Depuis ce temps-là, Nadon traîne autour d’Ottawa avec rien à faire. Mais ne pleurez pas pour lui. Il a pris quatre semaines de vacances et a également reçu son plein salaire de 288 000$ par année pour demeurer inactif. Pas pire pour un juge qui n’a rien à faire.

Le chef de l’opposition Thomas Mulcair  a  dit à Harper que sa gaffe  commise «n’était encore jamais arrivée dans toute l’histoire du Canada».

Il lui a demandé: "pourquoi le premier ministre a-t-il humilié ainsi le juge Nadon? "

Comme d’habitude, Harper a refusé d’admettre son erreur ni de présenter ses excuses au juge Nadon.

On pourra dire au moins de Marc Nadon, que sa carrière sur le banc de la Cour suprême n’aura pas duré plus longtemps que sa carrière sur le banc des Red Wings.

 

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires