Harper vs. la Cour suprême

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Il s'en prend à la Juge-en-chef

 

 

Stephen Harper a refusé trois fois  de s’excuser publiquement à la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin, pour l’attaque répétée à son intégrité.

Chaque fois que Thomas Mulcair ou Justin Trudeau demandait à Harper quand avait-il l’intention de s’excuser, le premier ministre évitait de répondre.

Il maintient qu’il y a neuf mois la juge n’aurait pas dû tenter de l’appeler pour l’avertir qu’il pourrait y avoir des problèmes  juridiques s’il allait de l’avant pour faire approuver la nomination à la Cour suprême de son ami, le juge Marc Nadon.

L’appel n’a jamais eu lieu. Mais il y a eu des problèmes, de très gros problèmes.

La Cour suprême a rejeté la nomination de Nadon au grand désespoir de  Harper qui a eu l’air bête.

Le pire pour Harper, c’est que c’est lui qui avait nommé la majorité des juges à la Cour suprême qui ont rendu un jugement en sa défaveur.

 

Mais pourquoi attendre neuf mois avant de se plaindre que la juge McLachlin avait tenté de l’appeler  avant que la Cour rende sa décision sur la nomination? 

Harper aurait pu facilement  annoncer il y a neuf mois que la tentative d’appel de la juge était inappropriée et lui demander de se récuser de la cause, chose qu’elle aurait faite, comme font  bien des juges dans bien des causes.

D’un bout du Canada à l’autre, la communauté juridique accuse aujourd’hui Harper de tentative d’intimidation de la juge McLachlin. Avocats, juges, professeurs de droit, le Barreau canadien, son président, 11 anciens présidents, les associations provinciales d’avocats, en bref  tout le monde du milieu juridique a demandé à Harper cette semaine: «Pourquoi avez-vous attendu si longtemps avant de vous plaindre?»

Ils accusent le premier ministre de vouloir salir la réputation et l’intégrité de la juge parce que la Cour suprême a dernièrement  rejeté cinq de ses causes, incluant l'invalidation des lois sur la prostitution et deux dispositions de répression de la criminalité du gouvernement.

En attaquant la juge maintenant, Harper tente peut-être de monter une défense d’avance, lui qui a possiblement l’intention de présenter une nouvelle cause devant la Cour. Cause qu’il pourrait également  perdre.

Fred Headon, le président du Barreau, a indiqué que, par ses propos contre la juge, Harper est en train de miner la confiance du peuple dans la Cour suprême.

Toutes les indications sont que le peuple canadien est du bord de la juge et contre le premier ministre.

Cette semaine, Harper a été le grand perdant. Le dernier sondage d’opinion publique de la firme Nanos Research révèle qu’il a perdu quatre points de pourcentage depuis le début de la crise.  Une perte de quatre points dans une semaine est énorme.

 

 

 

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