Problème avec les travailleurs temporaires

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Harper est obligé d'agir

Injustice!

Le gouvernement conservateur s’est enfin réveillé face à l’injustice du programme des travailleurs étrangers temporaires.

Ça fait des années que le Canada permet à des travailleurs étrangers, la plupart de pays pauvres, de venir travailler au pays pour un salaire 15% inférieur à celui gagné par les Canadiens.

Au début, le programme était de bonne intention (aider nos cultivateurs avec leurs récoltes).  Ce n’était pas facile de trouver de bons Canadiens prêts à travailler au salaire minimum pour ramasser des patates du matin au soir sous un soleil de plomb.

Les étrangers étaient bien contents de faire ça à 10 fois de l’heure ce qu’ils gagnaient chez eux.

Mais c’est là qu’ont commencé les problèmes. Bientôt, ce n’était pas juste des travailleurs agricoles. On a fait venir des étrangers de l’Amérique latine, de l’Asie, de l’Europe et du Moyen-Orient pour travailler à salaire réduit, dans les restaurants rapides, la construction, l’industrie manufacturière, les mines et partout ailleurs.

Aujourd’hui, il y a 400 000 étrangers au Canada qui occupent ces jobs-là, plutôt que des Canadiens. Temporaires?  C’est pour quatre ans, et plus pour ceux qui savent contourner la loi.

Le gouvernement conservateur écarte la critique en affirmant que ces travailleurs ne représentent que 2% de tous les travailleurs au pays. C’est bien vrai, mais 2% de 20 millions c’est 400 000 travailleurs!  C’est du monde ça, autant qu’une ville entière au Québec.

Pour encourager l’embauche des étrangers, le gouvernement de Stephen Harper permet aux employeurs de les payer 15% de moins de l’heure. Et ils ne disent pas non, car c’est encore 10 ou 20 fois ce qu’ils gagneraient chez eux.

Et l’effet sur les Canadiens?

Il y a plus qu’un Canadien qui s’est déjà fait dire que s’il ne travaille pas plus fort, un étranger est prêt à prendre sa place.

Les heures de travail sont longues.  Il y en a qui travaillent dans un restaurant de 2h à 10h, en plus de laver les toilettes avant de partir.

Ils sont partout, pas seulement dans les champs et les restos. On estime que 80% de la viande des abattoirs d’Alberta est préparée par des étrangers, surtout de l’Asie.

En Colombie-Britannique, on a découvert une mine d’une compagnie chinoise ou tous les travailleurs étaient Chinois. Les patrons étaient  Chinois, et les contre maîtres, donc les travailleurs devaient parler chinois. Laissez-faire l’anglais ou le français.

À Toronto, la Banque RBC entraînait des travailleurs de l’Inde pour prendre la place des Canadiens comme techniciens internet.

En Alberta, Imperial Oil embauchait des Croates bien heureux de faire un bon salaire.

Les travailleurs étrangers sont dociles.

Former un syndicat?  Quoi! Tu rêves en couleurs.

Mais cette semaine, le gouvernement Harper, avec des élections qui approchent, a décidé que c’était le temps d’agir, peu importe ce que diront les employeurs qui aiment bien leur cadeau de «cheap labor».

Le ministre Jason Kenney a décrété un moratoire sur l’embauche des futurs travailleurs étrangers temporaires.  Mais seulement dans le secteur de la restauration rapide. Pour tout le reste, rien ne change.

Trois restaurants McDonald's à Victoria en C.-B. et un à Weyburn en Saskatchewan sont sous enquête, accusés d’avoir mis à la porte des Canadiens pour faire place à des travailleurs étrangers.

Trois restaurants, ce n’est presque rien, une poignée de travailleurs à chaque endroit, mais ça démontre que même les conservateurs, qui étaient du côté des patrons, se rendent compte que quelque chose ne va pas.

Kenney a dit que la situation était «très préoccupante ». C’est le moins qu’il pouvait dire. On verra comment loin le gouvernement Harper sera prêt à aller.

 

 

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