Les sénateurs conservateurs se font entendre

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Leur opinions se rendent à Harper

 

 

C’est rare que les sénateurs conservateurs puissent dire quoi faire à Stephen Harper.

C'est encore plus rare est que Harper les écoute.

Pourtant c’est arrivé cette semaine.  Un comité du sénat composé de deux fois plus de sénateurs conservateurs que de libéraux avait étudié en détail le projet de loi C-23 de Harper qui changerait la loi électorale pour favoriser le Parti conservateur aux prochaines élections.

Mardi les sénateurs ont publié un rapport proposant  neuf amendements - y compris donner au directeur général des élections des pouvoirs que Harper voulait lui enlever.

Harper a bonne raison de vouloir des changements majeurs à la loi électorale.

Harper et son parti sont  présentement  en troisième place en popularité  dans les sondages, en arrière des libéraux de Justin Trudeau et du NPD de Thomas Mulcair.

Le projet de loi C-23 leur donnerait une chance de remonter la pente, même possiblement de se faire réélire.

La loi de Harper limiterait les pouvoirs du Président d’élections Marc Mayrand à gérer  les campagnes électorales honnêtes, empêcherait  le Commissaire aux élections Yvon Côté de mener à fin ses enquêtes sur des délits tels que l’utilisation des faux appels pour tromper les électeurs en les envoyant à des bureaux de scrutins non-existants –  les fameux « robocalls » de Pierre Poutine et les conservateurs aux élections de 2011.

Le commissaire aux élections n’aurait plus le droit d’annoncer lorsqu’il fait une enquête, et même pas le droit d’obliger un voleur d’élections à témoigner devant lui.

En plus, le projet de loi C-23, dans sa présente forme,  priverait de leur vote quelques centaines de milliers des 22 millions de citoyens sur la liste d’électeurs.

Les victimes seraient surtout les personnes qui n’ont pas de cartes d’identité avec leur photo, nom et adresse. Parmi les plus durement frappés seraient les environ 300 000 membres des Premières nations qui habitent les réserves ou il n’y a même pas de rues, laissons faire des adresses. 

Le vote autochtone n’est pas fort pour Harper ces temps-ci – pas avec tous les pipelines des pétrolières que Harper veut faire passer à travers leurs terres ancestrales.

Les étudiants en résidence ont des cartes d’identités mais souvent l’adresse qui apparaît sur elles sont celles de leurs parents, non pas leur l’adresse au collège ou à l’université. 

Il y aura aussi les sans-abris, ou les personnes qui habitent des foyers pour vieillards et bien d »autres qui n’ont pas de carte avec leur adresse.

Sheila Fraser, l’ancienne vérificatrice-générale du Canada qui avait exposé le scandale des commandites en 2005, a examiné à la loupe le projet de loi de Harper et l’a prononcé « une attaque à la démocratie. »

Les sénateurs l’on prit sérieusement ce qu’elle a dit et ont incorporé plusieurs de ses recommandations.

À la surprise de tout le monde, le petit chien de bataille de Harper, le ministre de la réforme démocratique fédéral Pierre Poilievre, a adouci son ton de colère et son mépris  de ses adversaires dans la défense du projet de loi, en disant qu'il a un " esprit ouvert " aux modifications au projet de loi des sénateurs conservateurs.

Sa réponse a renversé le Chef de l’Opposition Thomas Mulcair qui a répondu « l'ironie est que M. Poilievre aujourd'hui a montré une plus grande volonté d'écouter des sénateurs non- élus qu'il a à écouter les membres élus de la Chambre des communes.»

Ça fait des années que Harper se moquent du fait que les sénateurs ne sont pas élus. Mulcair en a profité pour retourner la boutade sur Harper.

En proposant quelques petites modifications au projet de loi de Harper, les sénateurs, conservateurs aussi bien que libéraux, espéraient refaire leur crédibilité qui a tellement souffert  l’année dernière.

richardcleroux@rogers.com

 

 

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