L’avocat d’Orléans n’a pas encore décidé s’il briguerait ou non la chefferie au printemps 2013, mais il confirme que cette position pourrait l’intéresser.
« J’ai été approché par des gens de l’Alberta, de l’Ontario, du Québec, des gens de partout au pays qui souhaitent que je m’engage à un niveau plus élevé dans le Parti libéral. Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pris aucune décision et j’ai encore le temps d’y réfléchir, mais je pense que le Parti libéral a besoin de nouvelles idées et de nouvelles solutions que je peux incarner ».
À 52 ans, M. Bertschi veut d’abord prendre le pouls de la population canadienne, lors d’une tournée pancanadienne ou de téléconférences à travers le pays, avant de se prononcer.
« Les Canadiennes et les Canadiens veulent des gens qui travaillent pour eux et pas l’inverse. Peut-être y a-t-il trop de politiciens qui ne savent que faire de la politique et pas assez de gens qui, comme moi, viennent du secteur privé, ont géré un commerce, ont une expérience différente et savent ce que les gens vivent au quotidien ? ».
Se plaçant au-delà des conflits idéologiques, M. Bertschi dit vouloir d’abord écouter les électeurs pour rassembler les idées.
« Il n’y a pas que le Parti libéral qui peut avoir de bonnes idées. Celles-ci peuvent venir de partout et il faut donc d’abord écouter. Les Canadiens sont fatigués des politiciens qui parlent avant de réfléchir ou de ceux qui, comme le Parti conservateur au pouvoir, réfléchissent à la prochaine élection sans avoir de vision pour les prochaines générations ».
Réponse à l’automne ?
Pour bâtir sa propre vision, M. Bertschi souhaite également s’appuyer sur les experts et les fonctionnaires fédéraux, décochant ainsi une nouvelle pique à l’endroit du gouvernement.
« Cela fait trop longtemps que les experts et les fonctionnaires ne sont plus valorisés et que le gouvernement ne reconnaît pas leur travail. Regardez pour la loi C-10 sur la justice criminelle. Elle a été votée contre l’avis des experts qui expliquent que ce projet ne résoudra en rien les problèmes de criminalité. Je pense que nous devons les écouter et aussi observer ce qui se fait ailleurs. Le Texas et la Californie, par exemple, nous ont prouvés que de bâtir de grosses prisons ne réglait pas la criminalité. Nous pouvons également nous inspirer de la politique d’Obama qui priorise le fait d’acheter américain en le transposant au Canada ».
S’il ne souhaite pas encore dévoiler ses intentions, et préfère attendre l’automne, M. Bertschi insiste sur quelques-unes des qualités qui feraient de lui un candidat crédible à la tête du PLC.
« Déjà, il est important d’avoir un chef bilingue. Ensuite, le fait de ne pas être député est plutôt un atout car cela me permet de ne pas être lié aux problèmes de ces dernières années, de me tenir hors de ce spectacle et d’avoir le temps d’écouter ce que veulent vraiment les Canadiens. C’est un défi qui ne me fait pas peur, je suis prêt à travailler très fort et à me dédier à ce rôle. Comme dans mon métier d’avocat, si je me lance dans la course, je vais prendre soin de bien me préparer en restant toujours honnête avec les électeurs ».
Malgré les déconvenues successives des dernières élections, M. Bertschi reste persuadé que le PLC a encore un avenir dans le paysage politique canadien.
« Que ce soit à la chefferie ou ailleurs, je veux travailler pour ce parti qui sera, j’en suis sûr, une force importante dans l’avenir politique du Canada. Nous avons une bonne base de militants et j’ai bon espoir dans notre capacité à reconstruire ce parti qui possède une vraie vision pour le futur et les prochaines générations ».

