Plusieurs chroniques existent déjà dans les domaines des arts, de l'économie, du sport et de la politique, mais vous serez bien en peine d'en trouver une qui traite exclusivement de l'état et de l'épanouissement de la francophonie à Ottawa, la capitale – dont la politique sur le bilinguisme continue de faire jaser – d'un pays qui s'est doté de la Loi sur les langues officielles en 1969.
Intéressante, cette chronique? Seul le temps le dira. Saura-t-elle soulever les passions? Je l’espère, car la survie et le développement de notre langue et de notre culture passe par la passion que nous y vouons. Évidemment, j’espère que mes propos trouveront écho auprès de vous et des réalités que vous devez affronter quotidiennement.
Il va sans dire que L’Express d’Ottawa est le médium parfait pour la diffusion d’une telle chronique. Un hebdomadaire gratuit dont la clientèle cible est la communauté francophone de l’Est à l’Ouest d’Ottawa est évidemment l'outil tout indiqué pour partager les défis, les frustrations et, ne nous le cachons pas, nos réalisations dans la revendication continuelle de nos droits.
Entre le désir de rédiger une chronique portant sur les réalités touchant la communauté francophone à Ottawa et le fait de passer à l’étape de l’écriture et du choix de sujets à aborder, il y a toute une marge. D’une part, ce n’est pas les sujets qui manquent. Nous n’avons qu’à penser aux sempiternelles promesses de notre maire d’apprendre le français, de l’unilinguisme de certains hauts fonctionnaires municipaux, des ratés que connait OC Transpo lorsque vient le temps de tendre la main à sa clientèle francophone et le trop peu de services offerts par la Ville dans la langue de Molière.
En fait, nous avons trop tendance à rester indifférents à ces affronts et à ne pas revendiquer ce qui nous revient de plein droit. Que faisons-nous lorsqu’OC Transpo continue à occulter sa clientèle francophone? Quelle est notre réaction lorsque notre maire, qui est en poste depuis plus de trois ans, peine encore à prononcer de simples phrases en français? En sommes-nous rendus à un point où nous acceptons sans rechigner que nos intérêts et nos préoccupations puissent être ignorées?
D’autre part, il est essentiel que je traite de sujets qui vous tiennent à cœur, des sujets qui vous rejoignent. Vous serez bien d’accord avec moi pour dire qu’une chronique qui ne reflète pas vos craintes, vos aspirations et les défis que vous devez affronter régulièrement serait bien inutile. Dans cette veine, je vous invite à communiquer avec moi lorsque le cœur vous en dit afin de partager vos réflexions sur l’état du fait français à Ottawa.
Il n’est pas nécessaire, à ce moment du moins, de ressasser l’histoire des francophones à Ottawa. Je désire simplement souligner le fait que les francophones habitent cette ville depuis sa fondation, qu’ils ont pris une part active à son développement économique et culturel et qu’ils sont un élément essentiel de sa vitalité. Cette importance historique, les francophones d’Ottawa la doivent à leur hargne, à leur volonté de se battre pour leurs droits et à leur refus systématique de faire les frais d’une assimilation sournoise.
Aujourd’hui, je dirais que ce combat contre l’assimilation est encore plus d’actualité. Il est important que la relève franco-ontarienne d’Ottawa soit prête à relever les défis qui l’attendront dans les années à venir. Il est important que cette relève soit engagée et unie pour assurer la survie à long terme de notre belle langue et de notre merveilleuse culture.
J’espère que vous suivrez cette chronique avec intérêt et, de façon plus importante, avec passion. Car c’est cette passion qui nous a permis non seulement de survivre mais de s’épanouir en tant que communauté culturelle et c’est cette passion qui nous permettra de relever avec brio les défis inhérents à une communauté culturelle en milieu minoritaire.
Au plaisir d’échanger avec vous!
En guise d’introduction
Bonjour chers lecteurs et lectrices. Dès aujourd'hui je vous convie à un rendez-vous mensuel par le biais de la chronique «Un Franco à la ville».
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