À l’invitation du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), l’analyste à la Banque du Canada Josianne Roy a abordé ce phénomène avec un groupe de bénéficiaires du Centre des aînés de Gatineau, mercredi après-midi.
Précisant que la triste palme du billet le plus contrefait revient au 20$ (dans quasi un cas sur deux) en raison de son taux d’utilisation élevé, la spécialiste a passé en revue les divers éléments de sécurité jugés avant-gardistes des billets en polymère. Du lot, notons le portrait à reflets métalliques, la large bande transparente, la bordure de feuilles d’érable, l’encre en relief et les chiffres cachés, qui permettent de confirmer l’authenticité d’une coupure.
«Ce sont tous de petits détails pour rendre la vie des faussaires plus difficile. Prenez la bonne habitude de vérifier votre argent, c’est votre responsabilité, car personne ne vous remboursera si vous êtes en possession d’un faux billet. Ça devient votre propre perte», a prévenu Mme Roy devant un public fort attentif.
Même si les activités frauduleuses des faussaires ont chuté considérablement, le nombre de faux billets saisis par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étant passé de 553 000 à 52 000 en l’espace de sept ans, mettre en échec ce fléau est encore tout autant d’actualité.
Imprimés sur une pellicule plus durable et lisse, les nouveaux billets sont plus faciles à manipuler et ont une durée de vie deux fois et demie plus longue que les actuelles coupures en papier de coton. Surtout, il est beaucoup plus ardu pour les criminels de les contrefaire et ce même à une époque où les progrès technologiques facilitent la tâche à ces derniers.
Alors que le Québec est la province où l’on retrouve la plus grande proportion de billets contrefaits (36%) devant l’Ontario (29%), les gens ont pu en apprendre davantage sur les trucs pour différencier le vrai du faux. «Premièrement, il ne faut se fier ni à la couleur du billet, ni à son épaisseur. Tout ça varie selon son usure. Observez les différences plutôt que les ressemblances et surtout, faites la vérification de deux à trois éléments de sécurité», d’expliquer Josianne Roy.
«Ce sont tous de petits détails pour rendre la vie des faussaires plus difficile. Prenez la bonne habitude de vérifier votre argent, c’est votre responsabilité, car personne ne vous remboursera si vous êtes en possession d’un faux billet. Ça devient votre propre perte» - Josianne Roy, analyste à la Banque du Canada
Contrairement aux croyances populaires, l’argent comptant ne s’essouffle pas. Les cartes de crédit et de débit ont beau être très prisées une fois à la caisse, les billets de banque demeurent le moyen de paiement le plus utilisé pour les achats de moins de 25$, soutient Mme Roy. Et la valeur totale d’argent comptant en circulation progresse d’année en année (de 4 à 5%), ayant atteint un sommet de 56 G$ en 2011.
Seuls les billets de 100 et 50$ en polymère ont été mis en circulation jusqu’à présent. La nouvelle coupure de 20$ se retrouvera dans nos portefeuilles dès novembre, tandis que les 10 et 5$ feront leur apparition au cours de l’année 2013.
Au Canada, la possession, l’utilisation ou la création de monnaie contrefaite est un acte criminel passible d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 14 ans.
Infos: www.banqueducanada.ca/billets ou 1-888 513-8212

