Moments d'inquiétude pour les députés d'Ottawa

Sébastien Pierroz
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ÉVÉNEMENT. L'attente a été longue mercredi pour les députés d'Ottawa, confinés dans le Parlement après la fusillade en matinée.

Le député Royal Galipeau parlant de l'événement, jeudi après-midi.

Le député fédéral d'Ottawa-Orléans Royal Galipeau était en réunion avec le premier ministre, Stephen Harper, et ses collègues du caucus du Parti conservateur lorsque des coups de feu ont éclaté avant 11 h.

«C'était un bruit peu familier, raconte M. Galipeau, mais le premier ministre a continué à parler. Je l'observais avec attention. Il a soudain eu un visage plus dubitatif. Des sénateurs de l'Ontario et des députés l'ont alors poussé dans un coin pour le protéger.»

Son homologue de Glengarry-Prescott-Russell Pierre Lemieux était aussi dans la salle quand les coups de feu ont retenti. «J'ai été longtemps officier dans les Forces canadiennes. J'ai donc immédiatement reconnu qu'il s'agissait d'un coup de feu et non d'autre chose. Je ne peux pas dire que j'ai eu peur, mais plutôt ressenti un peu d'inquiétude.»

La journée a été ensuite presque interminable pour les deux députés, entre travail et mesures de sécurité. «J'ai continué de donner les instructions à mon équipe, notamment au bureau d'Orléans en leur demandant de verrouiller le bureau. Mais sur la Colline, je n'avais pas d'instructions, et me contentais de suivre les mesures de sécurité.»

Le député d'Ottawa-Vanier Mauril Bélanger, pourtant sorti comme beaucoup de ses collègues après 20h du Parlement, affirme que le travail s'est poursuivi normalement. «Ce fut une journée très productive. J'ai pu passer des appels, travaillé sur des dossiers.»

Élu sur un secteur directement concerné par le périmètre de sécurité établi mercredi, M. Bélanger a reconnu son «soulagement» quand la rumeur de coups de feu au Centre Rideau s'est avérée fausse.

«Jeudi a été une journée d'affirmation de notre soutien aux policiers et à l'efficacité de la sécurité», résume M. Belanger, tandis que M. Lemieux parle lui aussi de «détermination» et de «fraternité».

Si tous les trois rendent hommage au sergent d'armes Kevin Vickers lequel a abattu le tireur introduit au Parlement, les discours diffèrent quelque peu sur l'avenir.

Reprenant les mots de M. Harper, Pierre Lemieux explique que le Canada «ne doit pas être intimidé». Mauril Bélanger pense quant à lui qu'il faudra «s'en tenir aux faits» avant de juger de la portée de l'événement. «Je serai surpris de voir la porte principale du parlement désormais ouverte en permanence dans le futur, a déploré M. Galipeau. C'est un peu triste.»

Article écrit avec la collaboration de Kelly Snyder

Lieux géographiques: Ottawa

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