En confinement au Parlement pendant 13 heures

Sophie Marcotte
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TÉMOIGNAGE. David Fecteau, à l’instar de plusieurs travailleurs d’Ottawa, n’a pas vécu une journée de tout repos hier. Il a passé pas moins de 13 heures en confinement au chantier de construction de l’édifice de l’Ouest du Parlement. Il a pu sortir du bâtiment à 23h mercredi soir seulement.

Le Parlement au lendemain de la tragédie

«Au chantier, il y a beaucoup de bruit, donc on n’a pas entendu le son des coups de feu. Mais quand ça s’est passé, à 9h50, je suis sorti dehors et il y avait plein de casques blancs au milieu du chantier, il y avait plein de personnes en habit sans casque dans le chantier. On ne voit jamais ça. Au moment où il y eu un coup de feu, je pense qu’ils ont évacué l’édifice du centre par notre chantier», indique M. Fecteau.

S’en est suivi une longue journée où les travailleurs ne pouvaient pas bouger. Ceux qui travaillaient dans des bureaux devaient y demeurer et les travailleurs du chantier ne pouvaient pas le quitter. Après l’inquiétude du départ, l’ambiance s’est vite calmée sur le chantier. «Sur le chantier de construction, c’était assez relax. On n’avait pas vraiment peur, raconte M. Fecteau. Le gros stress, c’était vraiment à 10h. Le monde ne savait pas trop ce qui se passait, il y a un gars qui disait que quelqu’un se promenait avec un "shotgun", là nous étions un peu stressés. Mais on a vite compris que c’était dans l’édifice du centre.»

Les travailleurs ont dû attendre jusqu’à 19h avant qu’un policier vienne les avertir de la situation. Il possédait très peu de détails et était en mesure de communiquer uniquement les grandes lignes. Vers 22h, c’est la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui est venue apostropher les travailleurs. Ils ont alors donné des indications aux gens en confinement pour évacuer le bâtiment de manière sécuritaire.

Entre-temps, M. Fecteau se considère chanceux d’avoir pu avoir accès aux médias pour suivre l’évolution de la situation. «C’était un plus gros problème pour les gars dans le chantier. J’avais accès à Internet, je regardais CBC et CTV en même temps, mais ceux dans le chantier, ils n’avaient pas vraiment accès. Ils n’avaient donc pas autant d’information.»

Retour à la paix

Pour la suite, M. Fecteau espère que le Canada demeurera un pays «ouvert» et accueillant malgré la fusillade. «Le gars à côté de moi m’a dit qu’il se sentirait plus en sécurité s’il pouvait porter un fusil. J’espère qu’on n’en viendra pas à devoir se promener avec un fusil. Je suis pacifique et je pense que oui, hier les policiers ont bien fait de bloquer une majeure partie du centre-ville, c’est une bonne chose qu’ils l’aient fait, c’est important de s’assurer qu’il n’y ait pas un deuxième suspect. Mais aujourd’hui, le mystère est un peu résolu même si on ne sait pas pourquoi il l’a fait. Je pense tout de même qu’on devrait arrêter de donner de l’importance à l’événement», indique-t-il.

Organisations: Gendarmerie royale du Canada, CBC

Lieux géographiques: Canada

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