Annonce du postecondaire: des espoirs et des doutes

Sébastien Pierroz
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Un coup de pouce 14,5 millions $ sera déployé pour les programmes postsecondaires en français par le gouvernent Wynne dans les prochaines années. L'annonce effectuée jeudi après-midi au collège Glendon de l'Université York au centre-ville de Toronto rassure sans pourtant enchanter.

La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne.

L'enveloppe sera répartie à raison de trois ans, avec 4 millions $ en 2013-2014, 5 millions $ en 2014-2015 et 5,5 millions $ en 2015-2016, pour dynamiser la création de programmes supplémentaires dans le centre-sud-ouest de l'Ontario, région où le taux d'accès aux études francophones ne dépasse pas les 3%.

Une somme qui réjouit le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO): «C'est positif, lance son coordinateur Alain Dupuy, en déplacement à Toronto. On avance incontestablement.»

Longtemps impatient lui aussi d'une annonce de ce genre, le commissaire aux services en français François Boileau a salué également le plan d'action: «Dans un contexte de restriction budgétaire, c'est une bonne nouvelle.» Même entrain du côté de la Cité collégiale par la voix de sa présidente Lise Bourgeois: «Ces nouvelles sommes constituent un énorme pas dans la bonne direction.»

Mais derrière les chiffres, la proposition du ministre de la Formation et des Collèges et Universités Brad Duguid de mettre en place un «organe de consultation sur l'éducation en langue française» en vue d'un plan d'action après 2014 est accueillie avec plus de prudence.

«Ce n'est pas très décisionnel, déplore M. Boileau. Pourquoi attendre l'année prochaine et ne pas le faire maintenant. Il manque par ailleurs beaucoup de détails aux fondements de ce comité.» Ce à quoi la ministre déléguée aux Affaires francophones Madeline Meilleur répond qu'il faut «laisser du temps pour que le recrutement et la stratégie» se mettent en place.

Pas encore de gouvernance

Le Collège universitaire Glendon bénéficiera par ailleurs d'une étude destinée à évaluer sa capacité pour faire davantage de place à des programmes francophones. L'examen devrait prendre fin en en mars 2014. «On parle de programmes, mais toujours pas de gouvernance», indique M. Boileau à propos du Collège, toujours affilié à l'Université York.

Malgré son optimiste à l'annonce, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) Denis Vaillancourt espère que «cela n’occulte pas la réflexion à long terme que doit mener la communauté franco-ontarienne sur l’avenir de l’éducation postsecondaire en français et sur la question de gouvernance par et pour les francophones».

Si aucune référence à une Université franco-ontarienne n'a été glissée dans l'annonce, Mme Meilleur ne ferme pas la porte à l'idée: «Ce n'est pas dans les discussions actuelles, mais peut-être dans le futur.» Alain Dupuy du RÉFO dit qu'il ne s'attendait à aucune déclaration dans ce sens: «Ce seront aux États généraux du postseconadaire (ndrl, les consultations ont lieu présentement à travers l'Ontario), de fixer quel type de modèle nous voulons pour une gouvernance francophone.»

Organisations: Regroupement, Universités Brad Duguid, Affaires francophones Madeline Meilleur Collège universitaire Glendon Université York.Malgré Assemblée de la francophonie Université franco-ontarienne

Lieux géographiques: Ontario, Toronto

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