Le terme exact pour définir la grotte en question est «karst», comme nous l’explique Martin d’Anjou, directeur de l’environnement de l’ACCC. «La caverne s’appelle un karst, ça veut dire que ç’a été creusé par l’eau qui a fait une érosion du calcaire. Ç’a donné une caverne qui est à peu près la grandeur d’un champ de football.»
Récemment, le karst a obtenu une reconnaissance du ministère des Ressources naturelles de l’Ontario le désignant comme une zone d’intérêt scientifique. «Les roches qui se trouvent ici sont là depuis 500 millions d’années. Ce sont des roches dans lesquelles il y a des fossiles d’animaux, disons, plus gros que microscopiques. On peut les voir à l’œil nu. Il n’y avait rien d’autre à l’époque, c’était des millions d’années avant les dinosaures», explique M. d’Anjou.
De son côté, le spéléologue, Christian Chénier, explique qu’auparavant, l’eau suivait son cours juste à côté d’où se retrouve la grotte en ce moment. C’est une fissure qui s’est formée dans la roche qui a permis à l’eau de s’écouler sous terre. «Un karst, c’est vivant. Il y a de la dissolution de la roche. Ça fait 10 000 ans que ça se dissout, ça va toujours continuer et ça va toujours se modifier.»
En plus d’être un site protégé, le karst n’a pas à craindre les constructions humaines, selon M. Chénier. Le risque d’éboulement étant présent, il n’est pas sécuritaire de construire des habitations au-dessus de la grotte.
La proximité de la population fait du site un lieu particulier. Il peut être utile pour l’éducation géologique, mais c’est surtout une rareté de voir de telles cavités rocheuses si près de la ville. C’est une raison supplémentaire qui rend la protection du karst importante, croit Christian Chénier.

