« Il était plus que francophile, il était tout simplement francophone », a aussitôt réagi le président de l'Assemblée francophone de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt. Cela arrive dans une situation de gouvernement minoritaire, là où les défis sont nombreux pour la francophonie ».
Cet "ami de la francophonie" selon les mots de l'ancien député libéral Bernard Grandmaitre, laisse en cas une image globalement positive chez les franco-ontariens. « Il a permis de faire avancer la politique d'aménagement linguistique de façon considérable », s'enthousiasme M. Vaillancourt. « Il a été là au moment de la crise de Montfort face au gouvernement Harris », renchérit M. Grandmaitre.
La présidente de la Cité collégiale Lise Bourgeois déplore également cette démission : « Sa présence s'est sentie au niveau de l'éducation. Il avait entre autres encouragé vivement différents projets d'infrastructures au sein de notre établissement comme le l'institut 911. »
Né d'un père irlandais et d'une mère francophone, M. McGuinty avait certes su séduire par cet aspect. Mais plus encore: « C'est un homme sérieux, très attaché à ses racines familiales », souligne le député provincial d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger. « C'était un politicien marqué par l'intégrité », ajoute M. Vaillancourt.
Dans l'autre camp, même le député fédéral d'Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, y est allé de son hommage: « Je n'ai pas toujours été d'accord avec lui mais je sais qu'il s'est donné corps et âme à la province. Lorsque la récession a frappé le Canada voilà quatre ans, il a su travaillé sans considération partisane avec M. Harper. »
Si M. McGuinty continuera de siéger comme député d'Ottawa-Sud, l'éventuelle course à la chefferie inquiète. « Le chef du gouvernement doit évidemment parler français », a tranché Mauril Bélanger. Un son de cloche identique pour tous les acteurs communautaires.
Le maire d'Ottawa, Jim Watson avait très tôt fait savoir qu'il n'était pas intéressé pour briguer le poste vacant.

