Tête d'affiche des récipiendaires, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) Denis Vaillancourt, ne boudait pas son plaisir: « C'est une reconnaissance professionnelle, celle d'une implication communautaire. Mais surtout un travail d'équipe. »
Fierté également pour Roger Régimbad, membre du conseil d'administration du Centre de Services Guigues, qui évoquait « l'honneur d'être reconnu par ses pères », grande impression pour Sœur Rachel Watier, la supérieure des Sœurs de la charité d'Ottawa, qui voit la « Reine comme un symbole, une vraie femme » ou même humour pour le linguiste et écrivain Benoit Cazabon lequel affirme « ne pas connaitre cette récompense »: les mots étaient identiques au final pour les quatorze autres récipiendaires.
Reste que sur l'état de francophonie en Ontario, les opinions divergent encore. « Il y a beaucoup de relâchements, glisse M. Cazabon. Le gouvernement fédéral ne donne pas assez d'importance à la francophonie. Moins en tout cas qu'aux questions financières. »
« Dans mon domaine, je vois qu'il y a toujours un problèmes de visibilité. Les ainés ne connaissent pas encore assez les services », concède M. Regimbad. Mais l'actif garde l'optimisme: « Par rapport à la crise de Montfort en 1997, les avancées ont été importantes. Les services sociaux et récréatifs se sont développés.
Sœur Rachelle Watier préférait quant à elle penser aux futures générations: « La reine a servi son peuple de façon admirable. J'ai essayé de le faire aussi. Je pense que les jeunes franco-ontariens n'oublient pas aussi cette notion de service. »
Les critiques récentes par certains sur l'association un peu trop forte entre cette récompense royale et la francophonie n'avaient visiblement pas émoustillé les récipiendaires. « Je me sens canadien-français voilà tout», tranchait M. Cazabon. Denis Vaillancourt avait finalement le mot le plus sage: « Si ce n'était pas une reine, ce serait un président. Car le Canada est avant tout un état et je fais partie de cet état. Tout simplement. »
La remise des médailles à des personnes francophones et francophiles de l'Ontario vise à souligner le cheminement historique des défis relevés par le peuple franco-ontarien depuis 60 ans à l'intérieur du système constitutionnel canadien.

