En une semaine, l’Université d’Ottawa a répondu à deux revendications de longue date de la communauté franco-ontarienne. Deux jours avant d’annoncer la future installation d’un Monument de la francophonie sur son campus, l’Université d’Ottawa a fait savoir que le Bureau des gouverneurs et le Sénat de l’Université ont adopté une résolution afin de demander la désignation partielle en vertu de la Loi sur les services en français.
« C’est une désignation substantielle qui prouve l’engagement de l’Université envers la communauté francophone », se réjouit le recteur de l’Université d’Ottawa, Allan Rock.
Toutefois, la désignation concernera uniquement les programmes de premier cycle offerts en français, ainsi que les services dispensés aux étudiants par l’administration centrale et les facultés. L’Université d’Ottawa garde également à sa discrétion de modifier la liste des programmes désignés tous les quatre ans. Une situation qui n’est pas nécessairement celle qu’aurait aimé voir le père de la loi, Bernard Grandmaître.
« C’est un premier pas dans la bonne direction, même si j’aurais aimé davantage ».
Alors qu’il s’apprête à quitter temporairement l’Université d’Ottawa, le vice-doyen du Programme de common law en français (PCLF) de la Faculté de droit et militant convaincu de la désignation, François Larocque se réjouit toutefois de voir que deux des dossiers qui lui tenaient particulièrement à cœur avancent : la désignation en vertu de la Loi sur les services en français et la création d’un Monument de la francophonie.
« Je pense que le colloque sur les 25 ans de la loi, organisé à l’université en novembre dernier, a définitivement fait effet boule de neige. Il suffit de voir que l’Université laurentienne et l’Université de Hearst se sont, ensuite, intéressées à la question. J’aurais certainement aimé que l’Université d’Ottawa demande davantage, mais il est encore temps d’améliorer notre demande, notamment lors de son passage devant la province. Je suis optimiste ! ».
Le recteur Allan Rock laisse ouverte la porte à l’amélioration.
« Je ne pense pas que cette désignation doive être jugée trop légère. Elle est importante pour protéger le français. Si nous ne touchons pas aux études supérieures, c’est parce que dans ce domaine, les choses changent très vite. Les pratiques, les spécialités, l’intérêt pour certains domaines évoluent régulièrement et ce serait donc difficile de désigner ces programmes. Nous commençons avec ceux de premier cycle, c’est un excellent point de départ, mais nous n’écartons aucune possibilité d’élargir la désignation dans le futur ».

