Les États généraux de la francophonie d’Ottawa se sont invités mardi soir, le temps d’une soirée, dans l’ouest d’Ottawa pour interroger la communauté francophone. À l’initiative de la Bibliothèque publique d’Ottawa (BPO), francophones et francophiles de l’ouest étaient invités à se prononcer sur la place du français et son avenir à Ottawa.
Alors que les cafés citoyens devraient se terminer fin juin, seulement trois rendez-vous ont été fixés dans l’ouest jusqu’ici, sur 24 consultations. C’était sans compter sur la BPO qui tenait à interroger chaque côté de la ville.
« Nous savons qu’il y a une communauté francophone dans l’ouest qui grandit. Nous recevons de plus en plus de demandes de parents pour leurs enfants et même de francophiles. Ce n’est pas toujours facile de joindre cette communauté car elle est éparpillée. Mais il est important pour nous de la consulter pour savoir quels sont ses besoins, mieux les comprendre et savoir comment y répondre », explique Catherine Seaman, chef de service pour les succursales de Blackburn Hamlet, Gloucester nord, Orléans et St-Laurent à la BPO.
Difficile de dire que le rendez-vous de mardi soir lui aura donné le pouls exact de la communauté. Quatre participants se sont présentés, là où d’autres rendez-vous en ont attiré une vingtaine.
Des défis à l’ouestMalgré tout, Mme Seaman préfère retenir l’aspect positif de cette rencontre.
« Il est certain que j’aurais préféré que nous ayons davantage de participants, mais certaines personnes se sont présentées et c’est déjà positif. Il y a eu de très bonnes discussions. Mais peut-être n’avons-nous pas assez ou mal diffusé l’information ? ».
Le coordonnateur de projets pour les États généraux de la francophonie d’Ottawa, Luc Léger, reconnaît que la fréquentation n’a pas été énorme, mais ajoute que tous les commentaires sont importants pour faire avancer la réflexion qui sera menée lors du Sommet de la francophonie d’Ottawa les 17 et 18 novembre prochains.
« Chaque café est différent. D’habitude, nous avons plus de monde, mais je pense que le fait d’être moins nombreux permet aussi d’approfondir les discussions et d’avoir plus de temps pour les ateliers ».
Résidante de Barrhaven depuis 19 ans et membre depuis trois ans du Centre Soleil, un des rares organismes communautaires francophones de l’ouest d’Ottawa, Lorraine Trudel regrette de ne pas avoir plus d’activités en français dans son quartier.
« Peu de monde parle français dans mon quartier, pour certains services comme les banques, les hôpitaux, ce n’est pas facile. J’aimerais aussi avoir accès à des films en français au cinéma. Mais il y a des efforts qui sont faits, notamment de la part de la Ville d’Ottawa. Aujourd’hui, je suis venue participer à mon premier café citoyen parce qu’il est important pour moi que le français se maintienne à Ottawa. Je trouve que les services en français sont corrects, mais il est important qu’ils ne diminuent pas ».
Sa voisine, Veena Kilam, francophile indienne installée depuis trois ans à Ottawa, acquiesce.
« Je pensais même qu’Ottawa était une ville bilingue ! Mais ce serait bien que les discussions de ce soir permettent de créer des groupes de discussions entre francophones et francophiles dans l’ouest de la ville. Aujourd’hui, je pratique moins mon français, et je sens que je le perds, c’est dommage ! Il faut aussi répandre la curiosité du français dès le plus jeune âge dans les écoles francophones, mais aussi anglophones ».
Alors que l'ouest d'Ottawa compte désormais quatre écoles secondaires et que d’autres projets existent pour Kanata-Nord, la demande grandit et il conviendra de la satisfaire.

