La mise en place de la nouvelle Bourse de Réduction de 30 % des frais de scolarité par le gouvernement de Dalton McGuinty n’a pas été sans contrepartie. Afin de simplifier le régime d’aide financière, comme l’explique le Ministère de la formation, des Collèges et Universités, plusieurs bourses ont été supprimées, dont celle qui encourageait depuis près de 30 ans, les étudiants ontariens à poursuivre leurs études postsecondaires en français.
« L’offre de services pour des études postsecondaires en français n’est pas la même que celle en anglais dans la province. Beaucoup d’étudiants doivent déménager pour poursuivre leurs études en français et cette bourse était précieuse pour y parvenir. Nous comprenons la volonté de la province de simplifier le système, mais cette bourse répondait à un besoin bien particulier », explique la Directrice principale des communications, relations communautaires et gouvernementales de La Cité collégiale, Mona Fortier.
À La Cité collégiale, près de 175 étudiants en bénéficiaient chaque année, alors qu’à l’Université d’Ottawa, ils étaient 350 à pouvoir compter dessus.
Depuis l’envoi de leur lettre commune, quelques discussions informelles ont eu lieu, mais aucune ne permet de conclure que la province reviendra sur sa décision.
« Je comprends que vous soyez déçu que nous éliminions la Bourse pour étudier en français, mais le financement de ce programme sera redirigé vers le Programme de réduction de 30 % ce qui permettra à encore plus d'Ontariens (et donc plus de Francophones) d'accéder aux études universitaires et collégiales en Ontario. (…) Je m'engage tout de même à discuter de ce dossier avec mon collègue, le ministre de la Formation et des Collèges et Universités, M. Glen Murray, afin de mieux comprendre la décision du ministère », a réagi la Ministre déléguée aux affaires francophones, Madeleine Meilleur.
La Bourse pour étudier en français d’une valeur de 1 500 $ était décernée une fois, par voie de concours, aux étudiants ayant les meilleures notes et s’engageant à étudier à temps plein au moins à 60 % en français.
Étudiant en histoire et en science politique à l’Université d’Ottawa, Diego Elizondo avait postulé pour bénéficier de cette bourse, cette année. Il se dit déçu de la voir disparaître.
« Beaucoup d’étudiants francophones qui viennent de loin étaient encouragés à poursuivre leurs études en français grâce à cette bourse. Là, peut-être qu’ils se tourneront vers des études en anglais, plus proches de chez eux, et pour lesquelles l’offre est plus grande. Avec la nouvelle Bourse de Réduction de 30 % des frais de scolarité, je reçois 1600 $, donc un peu plus. Mais c’est dommage de supprimer un coup de pouce spécifiquement dirigé vers les études en français. Cela peut avoir un impact négatif sur la demande de services postsecondaires en français ».
Mme Fortier ne parle pas encore de conséquences négatives sur les inscriptions à La Cité collégiale, mais elle explique que l’institution francophone tâchera de faire valoir l’importance d’une telle bourse lors de consultations prévues à l’automne.
À l’Université d’Ottawa, le Directeur de l’aide financière et des bourses, Normand Séguin, relativise la portée de la mesure.
« L’avantage de cette bourse, c’est qu’elle pouvait être cumulée avec d’autres aides. Toutefois, sa disparition aura un impact très relatif pour nous. Depuis l’an passé, nous avons mis en place une nouvelle Bourse d’accès aux études en français qui est ouverte à tous les étudiants de 1er cycle qui décident d’étudier à temps plein en français, pour au moins 75 % de leurs cours. L’avantage, c’est que cette bourse est accessible à tous et même renouvelable automatiquement pour les étudiants venus de l’extérieur, mais aussi pour les étudiants récipiendaires de l.’aide financière de leur gouvernement ».
La bourse de 1000 $ par année est cumulative et peut être obtenue pendant les quatre premières années de premier cycle. L’an passé, 2 600 élèves en ont bénéficié, selon M. Séguin.
« Cette bourse est là pour rester car c’est notre volonté d’encourager les francophones et les francophiles à étudier en français. De plus, le succès est là ! ».

