« La CCN a essayé de nous diviser mais nous revenons ensemble pour lui dire qu’il est temps de prendre du recul et de réfléchir. A-t-on vraiment besoin d’un pont qui créera plus de circulation à l’Est et menacera la ceinture de verdure ? N’y a-t-il pas de meilleures options que les trois qui sont proposées ce soir ? Ne doit-on pas plutôt réfléchir à un système de transports en commun plus efficace, qui dissuadera les gens de prendre leur voiture ? Ce sont autant de questions qu’il convient de se poser aujourd’hui et nous voulons que la CCN écoute nos arguments, au lieu d’organiser des consultations qui ne sont que des farces absolues ! », explique Natalie Belovic, résidante de Manor Park et porte-parole francophone du groupe « Non au pont ! ».
L’opposition entre les pro-Kettle ou les pro-Lower Duck a vécu et désormais, les résidants disent parler d’une seule voix.
« Quelque soit le corridor choisi, cela ne règlera pas le problème des poids lourds dans le centre-ville d’Ottawa. Il faut regarder de nouvelles solutions, comme un tunnel sous le centre-ville directement relié à la 417, par exemple. La CCN doit s’asseoir avec tous les partenaires et faire preuve de plus d’ouverture. Beaucoup de gens se sont mobilisés ce soir, je pense qu’il faut les écouter », suggère Louis Caron, du groupe Solution durable.
Résidant d’Orléans depuis 1983, Fernand Lalonde, membre de Common sense crossings, pense que d’autres solutions doivent être envisagées.
« Pourquoi ne pas s’attaquer d’abord à l’installation d’un pont à l’ouest où les infrastructures de la 417 et de la 416 peuvent déjà accueillir davantage de circulation ? ».
Un besoin ?Dans le Centre des Arts Shenkman, des membres du consortium Roche-Genivar répondent aux questions des visiteurs. Ingénieur directeur de projet pour le consortium, Raynald Leroux invite chacun à faire ses commentaires, qui seront compilés dans le rapport qui déterminera la meilleure option, à l’automne, entre celle de l'île Kettle et les deux autres passant par l'île Lower Duck. « C’étaient les trois meilleurs corridors à l’issue de la première phase qui avait déterminé que la priorité pour un pont était davantage à l’est », explique-t-il. Même s’il reconnaît le besoin de développer le transport en commun, le directeur Coordination fédérale en transport et approbations fédérales à la CCN, Fred Gaspar, pense qu’il ne faut pas opposer les deux dossiers et remettre à plus tard la construction d’un pont. « Il n’y a pas d’option parfaite. Ces consultations doivent permettre aux résidants d’exprimer leurs commentaires, mais il ne faut pas opposer le projet d’un nouveau pont avec celui, par exemple, du futur train léger. Nous avons besoin des deux et le futur pont sera très profitable à l’économie de l’Est d’Ottawa ».
Le vent tourne chez les élusDe nombreux élus ou politiciens étaient présents à Orléans, mardi soir. Parmi eux, le conseiller d’Innes, Rainer Bloess, salue la volonté de la CCN de donner de l’information, mais pense qu’il aurait mieux valu rester sur l’option choisie par Ottawa et Gatineau, soit le corridor de l’île Kettle.
« Il aurait fallu aller de l’avant deux ans plus tôt, au lieu d’ajouter deux nouvelles options, ce qui coûte cher en étude et nous fait perdre du temps ».
David Bertschi, candidat libéral défait dans Ottawa-Orléans, se fait plus prudent.
« Il y a un véritable problème de perception dans ce dossier et nous devons nous baser sur les faits. Écoutons les experts pour savoir comment répondre aux défis que constituent la hausse de la circulation, la protection de la ceinture verte et la nécessité ou non d’avoir un pont ».
Le conseiller de Rideau-Rockliffe, Peter Clark, arbore fièrement l’épinglette du groupe d’opposants alors que devant le public, le député provincial d’Ottawa-Orléans, Phil McNeely n’hésite pas à se ranger derrière les partisans du « Non, au pont ! ». Son adversaire progressiste-conservateur lors de la dernière élection provinciale, Andrew Lister ironise.
« M. McNeely a soutenu le pont, puis dit aujourd’hui le contraire. Cela prouve qu’il n’a aucune vision. Pour ma part, je ne comprends toujours pas pourquoi on étudie trois corridors, alors que l’option de l’île Kettle semblait être la meilleure ».
Les membres du public peuvent visiter le site de l’Évaluation Environnementale des Liaisons Interprovinciales de la région de la capitale nationale au www.liaisonsrcn.ca pour faire leurs commentaires. Un sondage d’opinion est en ligne jusqu’au 5 juillet.

