Claude Gingras tourne la page et c’est un monument de la francophonie ontarienne qui s’en va. Émue, il a longuement été félicité par ses pairs, lors de la période des questions de l’Assemblée générale annuelle qui ressemblait davantage à des remerciements. La ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur est venue lui rendre hommage pour son travail à la FFO.
« Aujourd’hui, je suis heureuse et malheureuse à la fois. Nul n’est irremplaçable en nombre, mais en qualité, c’est différent. Claude Gingras a mis son cœur et son âme derrière ce projet et a permis à la fondation de devenir un phare pour toutes les générations de francophones de l’Ontario qui, depuis 26 ans, profitent de ses réussites et de son rayonnement. La fondation ne serait jamais devenue ce qu’elle est sans lui. Nous avons tous une dette envers lui ».
Souriant comme à son habitude, mais aussi ému, M. Gingras promet qu’il ne restera pas pour autant les bras croisés.
« Je vais continuer à siéger sur le comité de la Ville d’Ottawa sur la prévention du crime et j’ai accepté d’être le trésorier pour les Jeux de la francophonie canadienne qui auront lieu en 2014. J’ai également un autre grand projet que je garde secret et qui devrait me tenir bien occupé à partir de janvier ».
On l’aura compris, Claude Gingras n’a pas fini d’apparaître dans le paysage communautaire, mais l’ancien président du conseil d’administration pense qu’il était temps de laisser sa place.
« À un moment, il faut savoir laisser sa place à d’autres, plus jeunes, qui viennent avec de nouvelles idées. À la fondation, j’ai réalisé mes rêves, notamment avec le Téléthon Franco. Mais ce dont je suis le plus fier, ce sont nos 50 fonds de dotation ».
Même visionClaude Gingras laisse les rênes de la FFO à Yves Bisson et promet au conseil d’administration de nombreux défis. « Nous devons inclure les milliers de gens qui arrivent des pays francophones et qui s’installent en Ontario. Il faut aussi continuer à travailler au développement des fonds de dotation. Le nouveau conseil d’administration va avoir beaucoup de travail, mais la fondation a le vent dans les voiles, il s’agit de continuer ». Tout juste élu, Yves Bisson n’a pas caché que le défi est immense de remplacer M. Gingras. « J’ai la chienne !, rigole-t-il. Les souliers sont énormes, et ce n’est pas facile de succéder à quelqu’un qui a fait tant de belles choses. Je n’ai pas la prétention de faire mieux, ni de remplacer Claude Gingras. Il va m’aider à assurer la transition et de toute façon, la vision de la fondation restera la même, car c’est également celle en laquelle je crois. Je veux être un président participatif, qui travaille avec toute l’équipe. Notre objectif sera notamment de travailler sur le FondAction, car c’est notre fonds le plus général et qui répond au plus de besoins. La conjoncture économique n’est pas favorable, alors nous devons être vigilants. Le train va dans la bonne direction, à nous de continuer à le faire avancer. C’est un beau projet ! ». Par ailleurs, Bernard Thibodeau de Kapuskasing a été élu au poste de vice-président et Jean-Serge Lauzon a cédé son poste de secrétaire au profit de Gilles LeVasseur, tandis que Richard Cadieux demeure en poste comme trésorier.

