Le U-Pass donne accès au réseau d’OC Transpo pendant l’année académique aux étudiants à temps complet. Au coût de 145 $ par session, c’est une véritable économie d’argent pour les étudiants qui doivent prendre le transport en commun pour se rendre en classe. Pour les étudiants qui habitent tout près du campus et qui marchent pour se rendre à l’établissement postsecondaire ou encore ceux qui habitent sur le campus, en résidence, c’est une tout autre histoire. Ils doivent tout de même obligatoirement payer les 300$ (session d’automne et d’hiver) pour le laissez-passer qu’ils utiliseront peu ou pratiquement pas. «Ça fait quatre ans que je vis à Ottawa et j’ai fait le choix de vivre à Sandy Hill et payer mon loyer plus cher pour marcher pour aller à l’école et au centre-ville où j’ai accès à tout. Ce n’est pas logique pour les gens qui vivent près du campus de payer pour un laissez-passer qu’ils ne veulent pas. Comme c’est le cas pour les assurances dentaires et médicales, on devrait avoir le choix de l’enlever de nos frais de scolarité si on prouve qu’on vit dans un rayon de tant de kilomètres», s’indigne une étudiante de l’Université d’Ottawa et qui travaille aussi à l’institution préférant ne pas être nommée pour cette raison.
Celle-ci a fait une plainte formelle au vice-président de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) en charge du U-Pass.
Dans la réponse qu’elle a obtenue, la FÉUO maintient que le Laissez-passer a été approuvé par voix référendaire et a été présenté comme un frais ajouté à tous les étudiants à temps plein. «Le laissez-passer universel donne la possibilité aux étudiants qui habitent près du campus et au centre-ville de découvrir non seulement les villes d’Ottawa et de Gatineau, mais aussi d’avoir accès à des ressources moins chères qui se trouvent ailleurs dans la région», peut-on lire dans la suite de la réponse.
Un argument que maintient la vice-présidente aux communications de la FÉUO, Paige Galette. «C’est un projet pilote, donc on n'a pas trop pu négocier, mais le but est de donner la possibilité aux étudiants de découvrir la ville.»
Pour une autre étudiante, Sabrina, qui habite à Orléans, cet argument ne tient pas la route. Celle-ci va à l’école en voiture et paie déjà pour un stationnement au «plein prix», à l’Université. «Je suis obligée de payer pour une passe que je n’utiliserai pas. J’ai décidé de conduire pour aller à l’école pour avoir plus de liberté. Je peux amener mon sac de gym et le laisser dans la voiture entre mes cours, apporter mon lunch et mes devoirs, dit celle qui a voté contre le U-Pass l’an dernier. On ne devrait pas se faire imposer un service. On devrait payer seulement si on l’utilise», ajoute-t-elle.
Même son de cloche du côté d’une autre étudiante, Adèle, qui étudie au pavillon Roger-Guindon. «J’habite près du campus alors je marche pour prendre la navette qui se rend au pavillon Roger-Guindon. (Le U-Pass) n’est pas utile pour moi», indique-t-elle. Selon elle, le vote pour le U-Pass n’a pas été assez annoncé également. «J’aurais aimé que des gens viennent dans ma classe pour expliquer le concept», ajoute celle qui aurait voté contre si elle aurait été davantage informée sur le sujet.
Paige Galette encourage les étudiants qui ont une voiture à utiliser le service de Park & Ride d’OC Transpo. «Ça représente une énorme économie pour les étudiants au lieu de payer pour un stationnement sur le campus.»
La FÉUO compte voir comment le projet a été accueilli par les étudiants au courant du prochain semestre et faire des amendements pour mieux accommoder la population étudiante.
