«Nous avons eu aujourd'hui la confirmation qu'ils ont ouvert un dossier, affirme Immanuel Giulea de la Société Macdonald-Cartier. On a pris les moyens nécessaires. Si on ne peut pas les arrêter, on va les ralentir.»
Cette initiative vise essentiellement à ralentir le processus initié notamment par un vote passé lundi par le comité de l'Urbanisme et de l'Environnement de la Ville d'Ottawa. Ce vote permettait à la résolution concernant le changement de nom de la rue Wellington pour Sir. John A. Macdonald d'aller de l'avant pour une consultation auprès du gouvernement fédéral.
Lundi, le comité a adopté une résolution à quatre voix contre trois pour que le personnel de la Ville entreprenne des discussions avec le propriétaire de la rue, en l'occurrence le gouvernement fédéral. Bien que les présentations faites devant les membres du comité aient plaidé majoritairement contre cette modification de nom, rien n'aura réussi à convaincre les conseillers en faveur de cette résolution. «Nous avons échoué à tuer le projet dans l'œuf comme nous le souhaitions, a fait savoir l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost. Il semble que ce soit rendu une question politique», déplore-t-il.
Pour Immanuel Giulea de la Société Macdonald-Cartier, aucun débat politique n'est visé par sa prise de position. «Nous, c'est une initiative non partisane, affirme-t-il. Notre but est de protéger le patrimoine et la valeur historique de la rue.»
Le caractère partisan semble bel et bien avoir pris le dessus pour certains citoyens. Sur le site Internet du Ottawa Citizen, plusieurs commentaires à caractère haineux figurent à la suite d'articles portant sur le sujet.
Cette proposition amenée plus tôt par Robert Plamondon a déjà reçu l'appui de quelques politiciens connus sur la scène politique fédérale, dont les anciens premiers ministres canadiens Brian Mulroney et John Turner. M. Plamondon plaide en faveur du changement de nom en arguant que sans Sir John A. Macdonald, il n'y aurait pas de Canada, ni de capitale.
Plusieurs spécialistes de l'histoire ont joint les rangs de M. Plamondon, dont Richard Gwyn. C'est aussi le cas pour le camp opposé qui rassemble notamment l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost, ou encore Deborah Morrison, de la Société d'histoire nationale du Canada.
Sans oublier que des politiciens municipaux ont aussi pris part au débat en mentionnant publiquement leur opinion sur le sujet. Le maire actuel d'Ottawa, Larry O'Brien, a dit récemment qu'il approuvait la proposition de M. Plamondon alors que trois de ses opposants lors des élections de l'automne prochain, soit Alex Cullen, Clive Doucet et Charlie Taylor, ont affirmé être contre cette idée.
D'autres alternatives…
La Société Macdonald-Cartier a suggéré d'autres alternatives pour éviter qu'une des plus vieilles rues d'Ottawa ne change de nom. M. Giulea a proposé de modifier la Promenade de l'Aéroport, la partie nord de la route 79, pour la Promenade Macdonald-Cartier ou encore de nommer le parterre du Parlement en l'honneur de John A. Macdonald, par exemple.
