Première exposition francophone au musée Bytown
C’est une première dans l’histoire du musée Bytown : en effet, il accueille pour la première fois, une exposition francophone multidisciplinaire : De l’autre rive, présentée par Frances Caswell-Routhier. @R :Cette artiste, née à Ottawa, a quitté son métier de diététiste en milieu hospitalier pour se consacrer à l’art. Comme elle aime à le souligner : «Je suis partie d’un milieu objectif vers un milieu subjectif». Elle a obtenu son baccalauréat en arts visuels à l’Université d’Ottawa en 2002 avec succès et elle s’est vu inscrite au palmarès du doyen et a reçu la mention Summa cun laude. Frances Caswell-Routhier a exposé à plusieurs reprises. Ses œuvres font déjà parti de nombreuses collections privées au Canada et en Europe. En 2006, Elle a reçu le troisième prix à l’Exposition internationale d’estampes numériques deux années de suite. Elle a également eu deux bourses, l’une du Conseil des Arts de l’Ontario et l’autre de la Ville d’Ottawa. Elles lui ont permis de réaliser ses deux projets : De l’autre rive et D’une rive à l’autre. Sa démarche artistique est grandement inspirée de Marcel Duchamp qui avait quatre critères pour transformer un objet contemporain en œuvre d’art : l’objet doit perdre sa fonction primaire, il doit être exposé dans un lieu accessible au public, il doit avoir un certain temps d’exposition et il faut un public pour l’admirer. Frances applique ces principes à la lettre dans son exposition à l’aide de souliers, de bottes ou d’un béret. De l’autre rive est composé de photographies, de dessins, d’objets et d’une bande sonore. On retrouve des travailleurs francophones qui nous révèlent leur mode de transport d’un côté ou de l’autre de la rive. Venues d’ailleurs, ces personnes se sont installées dans la région à cause de leur travail. Il y a : Denis, le militaire, qui utilise le bus tous les jours pour se rendre à son travail, Alexandre qui vit du côté de Gatineau et traverse à pied la rivière des Outaouais en utilisant le pont Alexandra pour venir travailler du côté ontarien, ou encore Nadine qui, elle aussi, se rend à pied à son travail qui se trouve au Québec. Les différents montages photographiques montrent les chaussures de ces personnages sur les lieux qu’ils fréquentent tous les jours. L’effet tridimensionnel obtenu grâce au mariage du plexiglas, du tracé de leurs parcours sur papier translucide et d’une photo en arrière plan, est des plus étonnants. On a la sensation que l’on se retrouve sur le chemin de ces individus. La bande sonore vient rendre le tout vivant et mettre une voix sur une personne qu’on a l’impression de connaître. Le choix de la galerie n’est pas un hasard. La fenêtre se trouvant dans la salle de l’exposition permet d’avoir une vue sur le pont Alexandra, la rivière des Outaouais et la rive Québécoise. «L’installation devient in situ». La réalisation de ce travail a été effectuée sur une période de un an à travers les saisons. Le deuxième volet de sa création qui s’intitule D’une rive à l’autre est un hommage aux concitoyens francophones, tous natifs de la région de Gatineau et d’Ottawa, maintenant aînés et ayant vécu sur les deux rives de l’Outaouais. Cette exposition jusqu’au 26 octobre à la galerie Montcalm.
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